Bien que les écrivains d’origine étrangère aient gagné un grand nombre de prix littéraires prestigieux en France, en Allemagne et dans d’autres pays européens et sont de plus en plus nombreux chaque jour, on continue encore à penser qu’il s’agit de cas certes exceptionnels mais marginaux dans l’histoire littéraire. Le grand public et la critique ignorent souvent le fait que l’apport d’autres langues et d’autres cultures est essentiel à l’écriture et à la création de manière générale et que le plurilinguisme est intrinsèque à la créativité de nombreux auteurs, y compris les représentants plus renommés des littératures nationales : Pouchkine, Tolstoï, Valéry, Rilke, Dante, Heine, Alessandro Manzoni, João Guimarães Rosa, Fernando Pessoa, Adam Mickiewicz, Dionisios Salomos…

L’une des raisons qui conditionne le fait que la réalité créative plurielle de nombreux écrivains reste dans l’ombre réside, en grande partie, dans les politiques éditoriales qui ne sont pas favorables aux publications plurilingues. De ce fait, la majorité voire la totalité des traces des processus plurilingues sous-jacents à l’élaboration d’une œuvre se trouvent effacées dans les œuvres publiées. Dans cette perspective, l’étude des documents de travail (les brouillons, la correspondance, la bibliothèque de l’auteur) offre au chercheur la possibilité de reconstituer une véritable genèse et de comprendre l’impact du plurilinguisme sur l’acte créatif littéraire.

Depuis sa création en janvier 2012, l’équipe « Multilinguisme, traduction, création » étudie le processus créatif des écrivains plurilingues et des traducteurs appartenant aux plusieurs aires linguistiques et géographiques grâce à l’observation de leurs documents de travail. À partir de l’étude des cas concrets, les recherches menées par l’équipe visent, d’une part, l’élaboration d’une typologie des stratégies scripturaires des écrivains plurilingues et, d’autre part, la compréhension des stratégies créatives des traducteurs.

Dans la mesure où l’écriture plurilingue est très étroitement liée à la traduction, à l’autotraduction et à la traduction collaborative, nous avons été amenés très rapidement à nous intéresser au processus créatif d’un acte traductif et à ses modalités. Depuis 2018, l’équipe a consacré une part importante de ses travaux à la génétique des traductions qui porte sur l’ensemble des documents et pratiques qui précèdent ou accompagnent de près ou de loin la traduction : écrits de traducteurs, traces d’une collaboration avec l’auteur, éditions révisées, brouillons, correspondances.

Domaines étudiés par l’équipe :

– écriture plurilingue ;

– génétique des traductions;

– autotraduction;

– traduction collaborative…

 

Afficher le programme du séminaire de l’équipe en 2022-2023.