Paolo D’Iorio, Anne Merker, Philosophie et philologie : l’exemple du style
Nietzsche. Philosophie et philologie

01/12/2017, École normale supérieure, salle des Actes, 11-13 heures

Comment lire Nietzsche ? Nietzsche était-il davantage philologue ou philosophe ? Existe-t-il des phases dans sa philologie ? Et dans sa philosophie ? Pouvons-nous repérer des stratifications stylistiques et conceptuelles dans son écriture ? Nietzsche disait-il la même chose à son public, à ses étudiants et à soi-même ? Quel est le rapport entre sa philologie et l’esthétique musicale wagnérienne ? Est-ce qu’à l’œuvre d’art de l’avenir correspond une philologie de l’avenir ? Et une philosophie de l’avenir aussi ?

Après avoir donné quelques réponses à ces questions en anticipant parfois sur les sujets des autres séances du séminaire, on illustrera ces relations entre philosophie et philologie chez Nietzsche par un exemple : la question du style. La préoccupation pour le style est une constante dans l’œuvre de Nietzsche. Qu’il s’agisse de l’élaboration de son propre style d’écriture, de la distinction entre prose et poésie, de la réflexion sur le meilleur style, ou encore de la comparaison entre le style écrit et le style oral, Nietzsche se nourrit de l’Antiquité, qui n’a jamais fait du style une pure question littéraire ni esthétique. Dès l’Antiquité, la question du style s’articule clairement à une problématique de la puissance, du pouvoir et de la contrainte, comme le constate Nietzsche dans ses cours sur la poésie antique tout autant que sur la rhétorique.

Paolo D’Iorio (ITEM) est philosophe, spécialiste de Nietzsche, directeur de recherche au CNRS, directeur de l’ITEM.

Anne Merker (CREΦAC/ITEM) est professeure de philosophie à l’Université de Strasbourg, spécialiste d’histoire de la philosophie grecque (Platon et Aristote), actuellement en délégation de recherche à l’ITEM.