Séminaire général de critique génétique 2020/2021

16/02/2021, Ecole normale supérieure, 29, rue d'Ulm, 75005 Paris. Salle Théodule Ribot. De 17h à 19h.

Page arrachée d’un livre et tachée d’encre diluée. © BnF, Fonds Schwarz-Bart

Toute création, intellectuelle ou artistique, procède à un certain recyclage de formes et de matériaux empruntés à la tradition ou à l’environnement contemporain. La critique des sources interprétait ce phénomène en termes d’imitation et l’intertextualité en termes d’interrelation ; en préférant parler d’exogenèse, la critique génétique y voit une logique d’appropriation transformationnelle aussi décisive que celle de l’autonomie et de la spontanéité créative.

L’exogenèse désigne la dynamique qui anime le travail de l’écrivain quand il recherche, sélectionne, modifie et intègre des textes, des modèles ou des informations (documentaires, référentielles, littéraires, etc.) dont les sources sont extérieures à sa propre écriture. Le concept d’exogenèse a donc reformulé, en termes de processus, la notion d’intertextualité, initialement conçue pour l’interprétation du texte littéraire publié, de manière à la rendre opérationnelle pour élucider les phénomènes temporalisés et volatiles de la genèse.

Cette adaptation s’est traduite par un renouvellement substantielle des points de vue critiques, des méthodes d’approche et des objets de recherche. Cette différenciation se fait encore plus sensible aujourd’hui si l’on considère les nouvelles zones d’application non exclusivement textuelles (histoire de l’art, architecture, musique, sciences, etc.) auxquelles les études d’exogenèse entendent apporter leurs contributions, au-delà du domaine spécifiquement littéraire qui reste celui de l’intertextualité.