13/03/2020, ENS, 45 rue d'Ulm 75005 Paris. Salle des Actes. 17h à 19h

Une troupe de comédiens répètent une pièce de Théâtre dans un festival.  La radio annonce un massacre au pays.  La représentation théâtrale devient dès lors une arme de pensée massive pour répondre au massacre.  Faire un théâtre militant au risque de ne pouvoir rentrer au pays. Au risque de finir en exil.  Comment et que jouer dans ces circonstances.

EXTRAIT :

« Ya Alain : Je ne veux pas vivre en exil, moi !
Sans frère : Nous ne vivons pas assez l’exil sur nos terres natales. Pas d’eau ! Pas
d’électricité ! Pas de bon profil ! Pas de bonne ethnie ! Pas de bon quartier ! Pas de bonne
famille ! Pas de relation ! Pas d’argent ! Pas de boulot ! Pas de temps ! Pas de maison ! Pas
de pétrole ! Pas de vie ! Pas de paix !
Grand frère : L’exil, moi, ne me fait plus peur ! C’est le silence dans lequel meurt le pays !
Ya Alain : Et où vivre ? Comment vivre ? Vivre l’exil ? Vivre l’exil en Afrique c’est une illusion
de l’exil puisqu’on tourne dans le même pot. On est mieux chez soi ! Être réfugié HCR ! Faire
nombre avec tous les rescapés des drames de l’Afrique ! Attendre un papier ! Faire la queue
avec les rescapés des génocides. Des guerres civiles. Des coups d’état. Des attentats….
Prendre la mer ? Périr dans la mer ? Nager dans la mer ? Être bouffé par la mer ? Être recraché
par la mer ? Mourir pour partir ! Partir pour mourir ! »