17/03/2018, Salle Beckett, ENS, 45 rue d'Ulm

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Séminaire de l’équipe Valéry: Valéry et la traduction

Samedi 17 mars, 14h30 à 17h, Salle Beckett, ENS, 45, rue d’Ulm

David ELDER, « Traduire les phénomènes vitaux : poïétique et « sensibilité intellectuelle » chez Valéry »

 

Traduire le vivant et la sensibilité intellectuelle fut une des préoccupations valéryennes les plus riches et les plus constantes. Ce travail développera, à côté de mon livre Paul Valéry et l’acte de traduire, certains aspects capitaux qui nous permettront de situer Valéry à l’avant-garde de la traductologie non seulement à cause de sa connaissance aiguë des limites linguistiques de toute traduction, mais aussi celle des opérations importantes du perceptif qui méritent une analyse dans ce travail.

Traduire, chez Valéry, est inévitablement une transformation et une transmutation au sens plein des termes, qui restent encadrées par un certain regard étranger sur ce que l’on voit ou perçoit. Et c’est à partir des mots qu’il essaie de représenter une certaine manière de voir (les phénomènes vitaux) tout en se trouvant adossé aux limites des notions et des opérations syntaxiques et logiques. Si Valéry travaille sur la perception ce n’est pas pour expliciter, ou faire une explication des états de choses, des situations ou des manières d’être, mais c’est pour mieux décrire les opérations mentales. Il y a, chez lui, une valeur heuristique du langage qui est au service de la découverte, dont le but est toujours de créer, de représenter et non d’expliquer. Pour ce faire, il a longuement réfléchi sur le fonctionnement des signes du langage avec leurs équivalences-écarts par rapport au fonctionnement vital.

Je tiens également à exemplifier ces propos dans la deuxième partie de ma présentation par une analyse spécifique de « Rachel ou Sophie ou Agar », et de quelques extraits des « Fragments du Narcisse » de Valéry.

D. E.