09/11/2017, Bologne (Italie)

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Ce colloque se propose d’interroger la dimension interdisciplinaire – méthodologique et épistémologique – que la traductologie partage avec l’anthropologie et l’écriture ethnographique. Les opérations traductives ne se limitent jamais à des transferts uniquement linguistiques – ce qui impliquerait une notion de sens pragmatiquement limité au contexte d’énonciation
– , mais elles constituent toujours des pratiques cognitives, culturelles, symboliques et sociales qui orientent et transfoment la relation entre description et interprétation, traditions et savoirs, croyances et connaissances.

Que font-ils l’anthropologue et l’ethnologue lorsqu’ils traduisent ? De quelle manière les pratiques interlinguistiques de l’écriture ethnographique interviennent sur la production et l’interprétation des données et des théories ? Comment les modalités de transcription de l’oral s’intègrent-elles aux pratiques traduisantes sur le terrain ? Quel est le rôle joué par les informateurs/interprètes ? Comment les différentes traductions et des traductions différentes agissent-elles sur la construction heuristique d’une altérité, sur la production et la réception des connaissances anthropologiques ? Peut-on, sur les traces des processus sous-jacents à l’invention de l’Autre, tenter une approche à la fois traductologique et génétique des « manuscrits de terrain » (phénomènes de surdétermination linguistique – hétéroglossie, multilinguisme, lexique emprunté aux langues vernaculaires…) ?

Entre histoire des traductions et approches éthnométhodologiques, ce colloque sera aussi l’occasion d’analyser des dispositifs discursifs variés (collections éditoriales, documents médicaux, fictions littéraires, discours sur les migrants…) à la lumière des enjeux épistémiques activés par les pratiques traduisantes.