Genèses cinématographiques / 2018

21/03/2018, 29 rue d'Ulm, salle Paul-Langevin (1er étage) de 15 heures à 19 heures

Laurent Véray (Sorbonne Nouvelle) : « Sur les traces de J’accuse : les quarante ans de réalisation d’une œuvre mutante et inachevée d’Abel Gance »

Le caractère composite de la filmographie d’Abel Gance exige une multiplicité d’approches qui est aussi une source de difficultés pour son étude. J’accuse est symptomatique à cet égard. C’est une forme filmique mutante et renaissante comme on en trouve peu dans l’histoire du cinéma. Née de la Première Guerre mondiale, elle se transforme durant les années 1920 et 1930 avant de réapparaître en Polyvision en pleine période de tensions et de confrontations durant la guerre froide. Le projet se ramifie et passe par des étapes différentes. Il se veut moins la chronique précise des événements traités qu’une démonstration, à travers elle, de l’existence d’un lien organique entre les morts et les vivants, le passé et le présent. Laurent Véray analysera la genèse et l’évolution de J’accuse en s’appuyant sur des documents retrouvés dans les archives du cinéaste qui permettent d’en comprendre les enjeux. L’examen des métamorphoses successives de cette création, qui se situe entre le « film semi-fini » et le « film pluriel », se focalisera sur son point d’aboutissement, c’est-à-dire la version en Magirama de 1956, désormais visible depuis la restauration récente du CNC.