« Essayer encore. Rater encore. Rater mieux » (Beckett)
« Les mots, tous les mots ratent » (Sony Labou Tansi)

Cette proposition de séminaire de l’équipe « Manuscrits francophones » cherche à confronter, comparer et surtout à mettre en relation génétique et anthropologie, deux disciplines dont l’Afrique et la Caraïbe constituent déjà le « terrain » commun. Si l’anthropologue s’est lui-même observé « comme auteur » (Geertz), producteur de textes et donc d’avant-textes relevant d’une étude génétique, l’écrivain africain, à l’inverse, s’est défini comme un « guetteur » dont la première phase de travail est « l’enquête » (Sony Labou Tansi) dont les traces peuvent être repérées par l’anthropologie de l’écrit (politique, religieux, historique, culturel, etc.). Outre ces « branchements » (Amselle) évidents situés en amont du processus, celui-ci peut être interprété au croisement de concepts typologiques élaborés dans les champs disciplinaires distincts, mais qui finissent par entrer en résonance, tels le prophétisme scripturaire et l’écriture à processus. Il s’agira aussi de mettre en commun les moyens et méthodes (entretiens, archives, films) pour explorer ensemble de nouveaux terrains, notamment les réseaux sociaux.

L’ensemble des matériaux réunis pour chaque séance (interventions, documents commentés, y compris extraits vidéos ou œuvres plastiques) sera mis en ligne en flux continu dès le lendemain de la séance, pour documenter les travaux du séminaire, alimenter le débat et faire émerger progressivement une réflexion commune. C’est la revue Continents manuscrits qui accueillera ces contributions, sous la forme d’un numéro flow, alimenté de janvier à juin 2019.

Le séminaire sera prolongé par une rencontre avec les chercheurs camerounais invités par Charlotte Morel du 20 au 23 mai 2109 (une première rencontre abordant les questions traitées par le séminaire aura eu lieu à Yaoundé en février 2019, toujours dans le cadre du projet franco-camerounais de Charlotte Morel).

Julie PEGHINI, Nicolas MARTIN-GRANEL