Édouard Degas, « La famille Bellelli »

Le manque d’appétence flaubertien pour la famille en général, traduit en commentaires peu amènes sur la sienne en particulier, est bien connu et a pu donner lieu à un abondant discours critique : la correspondance est riche de jugements à l’emporte-pièce et/ou de remarques caustiques sur les liens familiaux, les obligations et les sujétions qu’ils créent, ainsi que sur le refus de faire famille, Flaubert repoussant l’idée du mariage et de la paternité aussi bien que, dans une acception plus large et métaphorique du terme, celle d’école. Célibataire invétéré, reclus volontaire dans son asile normand, Flaubert fait ainsi figure de misanthrope dont l’isolisme, loin d’être subi, s’impose comme seul choix de vie compatible avec la création. Pourtant la famille revient constamment, sous des formes diverses, tant dans l’œuvre que dans la vie de l’écrivain : l’on pense par exemple à son attachement à la figure maternelle ou à sa nièce Caroline, fille de sa sœur disparue et tendrement aimée. Dans l’œuvre, la famille est également présente voire thématisée : du couple Bovary à la fille inégalement aimée à Victor et Victorine, la fratrie recueillie par Bouvard et Pécuchet, en passant par Félicité et son neveu ou encore les enfants de Marie Arnoux ou de Rosanette, les configurations familiales sont diverses et souvent problématiques. Lieu de dysharmonie sinon de discorde, la famille s’impose comme un lieu de tension au sein duquel les questions d’instinct et de naturalité n’ont pas grand place. Par ailleurs, l’aversion de Flaubert pour les écoles ou les doctrines littéraires n’a pas empêché nombre d’auteurs de se réclamer de lui — on pense en particulier à Zola — ni interdit une forme de patronage affectueux comme dans le cas de Maupassant.

Coordinatrices : Juliette Azoulai (Université Eiffel), Florence Pellegrini (Université Bordeaux Montaigne).

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Le séminaire Flaubert 2022-23 s’interrogera ainsi sur la famille et les relations familiales chez et autour de Flaubert, dans son versant biographique comme dans sa représentation dans l’œuvre. On explorera également les déclinaisons que la famille a pu assumer chez les écrivains contemporains de Flaubert.

Séances du séminaire, en visioconférence (zoom), le vendredi après-midi, à partir de 14h.

(Les liens de connexion aux séances en visio-conférence seront adressés par voie électronique à la liste de diffusion du séminaire Flaubert ; si vous souhaitez être ajouté.e à cette liste de diffusion ou seulement recevoir les liens Zoom, merci d’envoyer un mail à Juliette.Azoulai@univ-eiffel.fr)