Autobiographie et Correspondance (ABC) / 2018-2019

29/09/2018, ENS

Anne Devarieux (Université de Caen), « Maine de Biran diariste et philosophe ».

À l’œuvre monumentale de Maine de Biran (Bergerac 1766 – Paris 1824), proprement philosophique (Œuvres, Vrin, 1984-1999), il faut ajouter un Journal, sans nul doute la meilleure entrée pour qui veut comprendre l’homme et le penseur, et dont on doit à Henri Gouhier l’édition intégrale [3 vol., La Baconnière, 1954-1957 (tome I, février 1814-31 décembre1816, tome II, 1er janvier 1817-17 mai 1824, tome III, Agenda, Carnet et Notes]. Bien que Biran ne qualifie jamais ces quatre Cahiers, de journal “intime”, il peut être considéré, avec Benjamin Constant comme le précurseur du genre. Quelle aura été la motivation de l’écriture diariste ? Pour reprendre les mots de Gouhier : « Qu’est-ce qui est “journal” quand l’auteur est un philosophe ? Où est la frontière entre le “journal” d’un philosophe et ses écrits philosophiques ? Où finit le “journal” ? Où commence l’écrit philosophique ? » [H. Gouhier, Maine de Biran par lui-même, Paris, Seuil, 1970. p.79.

Anne Devarieux est maître de conférences HDR, en philosophie, à l’université de Caen Basse-Normandie, directrice adjointe de l’équipe Identité et subjectivité, (EA 2129). Spécialiste de philosophie (XIXème) et de phénoménologie (XXème) françaises, elle a écrit de nombreux articles sur Maine de Biran, édité et préfacé le Mémoire de Berlin, De l’aperception immédiate [Librairie générale française, coll. Classiques de la philosophie, 2005] et publié chez Jérôme Millon Maine de Biran, l’individualité persévérante [Grenoble, 2004]. A paraître chez le même éditeur : L’intériorité réciproque. L’hérésie biranienne de Michel Henry [octobre 2018].

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Marie Dupond (Docteur en épistémologie et histoire des sciences),

« De l’éditorialisation de la correspondance du géomètre Gaspard Monge (1746-1818) aux Œuvres complètes : usages des méthodes et outils de la critique génétique au service de l’enquête historique en milieu numérique»

L’édition du corpus 1795-1799 de la correspondance du géomètre et la publication des éléments de son étude en histoire des sciences et des techniques en cours sur la plateforme e-Man (ITEM/CNRS/ENS) est à la fois une étape de conversion numérique de l’édition d’un corpus et la préparation de son extension à la correspondance générale.

Ainsi, il s’agit de mettre en correspondance des objectifs scientifiques en histoire des sciences et des techniques, les modalités éditoriales distinctement définies pour la réalisation de plusieurs éditions papier avec les ressources et contraintes techniques du CMS Omeka mis au service de l’édition de corpus sur la plateforme Eman  développée au sein de l’Item (CNRS/ENS), laboratoire consacré à l’étude de la genèse des œuvres.

Une des pratiques de la génétique en environnement numérique est la constitution de dossier et la mise en relation de documents. En investissant les rapports entre génétique et environnement numérique, j’aimerais interroger comment la numérisation et la mise en données de documents exigent  de déterminer les éléments pertinents de description, d’identification et  de documentation et d’établir  de nouvelles modalités d’investigation scientifique. Ainsi il s’agira de montrer comment au sein du projet Monge les pratiques de constitution de dossier et de structuration de collections conduisent à développer les rapports entre pratiques génétiques et historiennes, entre objectifs scientifiques et méthodologie d’éditorialisation.

Marie Dupond est docteure en épistémologie et histoire des sciences. Elle a soutenu sa thèse intitulée « L’édition de la correspondance de Gaspard Monge 1795-1799 : ce qu’elle révèle de l’engagement public d’un géomètre au cours de la Révolution française », en juin 2014, au département de philosophie et histoire des sciences de l’Université d’Athènes (Grèce).