Séminaire Décrire la création / 2022-2023

15/12/2022, Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, 5 rue Vivienne, salle des conférences (Pour accéder à la salle des conférences, RDV devant le Bât. Estampes et Photographies) -16h à 18h30

Léo Marschutz, Rue Mazarine, 1953. Lithographie en couleur. © Fonds Marschutz

C’est à MUNICH en 1919, à l’âge de seize ans et déjà peintre et dessinateur prodige, que Léo Marchutz (1903-1976) découvre les tableaux de Cézanne. Une seconde rencontre avec l’œuvre du maître aixois aura lieu en 1921, lors de la grande exposition monographique à la Galerie Cassirer à Berlin. Ces deux rencontres déterminantes mèneront le jeune artiste au pays d’Aix où il s’installe définitivement en 1931. Il réalisera la quasi-totalité de son œuvre, au Châteaunoir et à partir de 1958, dans l’atelier construit pour lui sur la route Cézanne par son mécène, l’architecte Fernand Pouillon.

Les lithographies représentent le cœur et le plus vaste corpus de l’œuvre de Léo Marchutz. Ses vues urbaines, notamment celles des rues d’Aix-en-Provence, créées entre 1952 à 1964, témoignent d’une recherche ascétique vers toujours plus de dépouillement. La manière dont l’artiste appréhende les réalités construites bouscule les perceptions courantes et immédiates.

Cette séance propose un éclairage ciblé et tripartite sur l’œuvre lithographique de l’artiste : sa genèse vue à travers son Journal ; son étendue, révélée par des travaux récents d’un Catalogue raisonné en cours de réalisation et l’analyse de son regard sur un paysage urbain provençal de la période classique. La séance comprendra la présentation d’une petite sélection faite parmi les 300 lithographies des Rues d’Aix de Léo Marchutz qui se trouvent dans les collections de la Bibliothèque Nationale de France.

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Accueil et Introduction

Céline Chicha-Castex, chef du service de l’estampe moderne et contemporaine, BnF, Département des estampes et de la photographie.
Nadia Podzemskaia, chargée de recherche, CNRS, responsable de l’équipe « Génétique et histoire des arts » de l’ITEM (CNRS-ENS).

Intervenants :
Antony Marschutz, musicien, responsable de la collection de livres intitulée « Les Carnets du Châteaunoir » publiant, pour l’essentiel,  les correspondances, documents et  écrits laissés par Léo Marchutz
De Nuremberg à Aix-en-Provence, une chronologie de la vie de Léo Marchutz

Ayant pour objectif de décrire le contexte, en Allemagne puis en France, dans lequel s’est déroulée la création de l’œuvre de Léo Marchutz, cette présentation servira de cadre général pour les interventions qui suivront sur le Catalogue Raisonné et, plus particulièrement, sur les paysages architecturaux des rues d’Aix.

Denise Lemoine, chef de projet du Catalogue raisonné de Léo Marchutz
Tout part de l’œuvre : la création d’un Catalogue raisonné des œuvres de Léo Marchutz

Depuis 2019, un travail de recherche s’est mis en marche pour la réalisation d’un Catalogue raisonné de Léo Marchutz, un peintre et lithographe d’origine allemande qui a réalisé la quasi-totalité de son œuvre à Aix-en-Provence. Cette présentation comprendra la définition d’un Catalogue raisonné et évoquera les influences qui ont déterminé les choix d’outils et de format. Elle abordera le travail effectué sur les tableaux de l’artiste, et les recherches en cours sur ses lithographies – qui constituent le cœur et le plus vaste corpus de son œuvre.

Une évocation sera faite de récentes découvertes d’œuvres dans les collections publiques autour du monde, dont le MET et le MoMa à New York, l’Albertina à Vienne et à la Bibliothèque Nationale de Paris qui détient la plus importante collection publique des lithographies de Léo Marchutz. Une sélection des lithographies des rues d’Aix, qui représentent l’objet principal de recherches actuelles, sera ensuite présentée.

Claude Massu, professeur émérite d’histoire de l’art, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Dans les années 1950 et 1960, Léo Marchutz a produit de nombreuses lithographies représentant certaines rues d’Aix-en-Provence. Elles définissent un regard et une manière originale d’appréhender un quartier urbain provençal de la période classique. On se propose dans cette communication d’analyser ce regard d’un point de vue formel, historique et théorique.

Léo Marchutz perçoit des ensembles. Il met ainsi en valeur la dimension sculpturale de l’architecture. Les édifices sont des ensembles de lignes, de profils, de volumes. Percevoir l’architecture comme jeu de volumes et de masses inscrit Léo Marchutz dans une histoire de l’architecture où l’on trouve aussi bien Etienne-Louis Boullée au 18e siècle que Le Corbusier au 20e s. Ses images font aussi système avec les représentations géométrales de Fernand Pouillon dans son livre contemporain Ordonnances (1953). Sérialité, rigueur et dépouillement inscrivent l’œuvre lithographique de Léo Marchutz dans l’idéal de la modernité artistique du 20e siècle.