Multilinguisme, Traduction, Création / 2019-2020

15/05/2020, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris. Petite salle ECLA. 15h – 17h

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À travers quelques exemples puisés dans la profusion de l’archive, nous verrons que le travail sur les brouillons de traducteurs peut prendre diverses formes, de la plus ponctuelle à la plus systématique ; qu’il autorise une grande diversité d’approches, qu’il s’agisse d’illustrer telle hypothèse suggérée par la comparaison entre l’original et la traduction publiée ou de mettre en lumière une méthode de travail ; qu’il donne à voir, enfin, le processus traductif au moment même où il s’accomplit, et non plus tel qu’il est évoqué avec plus ou moins d’objectivité et de sincérité par des traducteurs interrogés après coup. À cet égard, l’étude des brouillons de traducteurs au long cours nous éclaire sur la réalité quotidienne de leur travail, sur son évolution au fil des ans ou d’une œuvre à l’autre, et sur leur situation dans la cartographie qu’ils dessinent des traducteurs de la première moitié du XXe siècle. Enfin et peut-être surtout, les brouillons de traducteurs nous donnent un précieux aperçu de cette zone où Fabienne Durand-Bogaert voit l’image d’un « monde possible [élu] au prix de la réfutation d’autres mondes qui, à un moment donné, furent également possibles* ».

Patrick Hersant enseigne la littérature anglaise et la traduction à l’université Paris 8. Sa recherche récente porte sur la génétique des traductions, dont elle s’efforce de tracer les contours en analysant divers manuscrits et autres documents préparatoires – Philippe Jaccottet traduisant Giuseppe Ungaretti, Maurice-Edgar Coindreau traduisant William Goyen, Ludmila Savitzky traduisant James Joyce.