26/11/2016,

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Formé à Milan aux côtés de son frère Pietro et de Cesare Beccaria, Alessandro Verri (1741-1816) achève sa vie à Rome, au lendemain de la chute de l’Empire. L’impertinent publiciste de l’« Académie des Coups de poing » a fait le deuil des Lumières comme formation de l’opinion publique et s’est rallié au conservatisme de l’aristocratie cardinalice puis aux thèses de la contre-révolution. En un siècle éclairé, qui est celui des âmes énergiques, rien ne lui paraît plus redoutable que la « philosophie aux ailes d’Icare » des Encyclopédistes. Traducteur de Shakespeare et d’Homère, tragédien éphémère et admirateur d’Alfieri, il explore les territoires nouveaux de l’esthétique romanesque, puisant dans l’Antiquité et dans sa réélaboration moderne, le néoclassicisme, les éléments d’une poétique capable de redonner ordre et harmonie à un monde troublé. Le jeune homme des Lumières est devenu l’homme des ombres et des sépulcres, le défenseur du trône et de l’autel, mais aussi le précurseur du « réveil » linguistique et littéraire au cœur du futur Risorgimento politique de la Péninsule. Cette étonnante parabole intellectuelle, qui traverse plus d’un demi-siècle d’histoire italienne, partagée entre Milan et Rome, est reconstituée à partir d’une analyse des œuvres publiées et des manuscrits inédits de Verri, ainsi que de ses correspondances.
 
Table des matières
Introduction