D’Elio A. de Nebrija à Paul Perny : exemples de transfert culturel à travers les dictionnaires sur trois continents

25/04/2018, ITEM (CNRS Pouchet), salle 124

Dans le cadre du séminaire D’Elio A. de Nebrija à Paul Perny : exemples de transfert culturel à travers les dictionnaires sur trois continents, séance de 14h30 à 16h30, http://www.pouchet.cnrs.fr/plan.htm

Cette troisième séance sera consacrée à montrer comment l’ouvrage de Nebrija a servi comme base pour le développement de la lexicographie européenne en Asie, en particulier, aux Philippines, mais aussi en Chine.
La plupart des missionnaires arrivés aux Philippines venait d’Amérique. Ces missionnaires connaissaient donc les ouvrages lexicographiques développés en Amérique. Ce modèle américain, inspiré de Nebrija, sera celui qu’ils vont transférer en Asie, en particulier, à travers le Vocabulario en lengua castellana y mexicana (1555) d’Alonso de Molina. Effectivement, comme le souligne Sueiro Justel (2004), l’œuvre de Molina constitue le lien entre l’Asie et l’œuvre de Nebrija, à travers l’expérience inestimable du travail lexicographique réalisé en Amérique.
Lors de cette séance nous présenterons également certains des ouvrages les plus remarquables de la lexicographie des langues occidentales avec le chinois, car la situation géographique des Philippines favorise l’élaboration et la circulation de ces œuvres.
Bien que l’ouvrage de Molina soit devenu le référent lexicographique exporté d’Amérique en Asie, il y a d’autres ouvrages développés sur le territoire asiatique qui se sont également constitués comme des modèles linguistiques. Ainsi, l’œuvre du père Varo, Arte de la lengua mandarina, publié à Canton en 1703, est considérée par Abel-Rémusat (1822) comme la plus ancienne des grammaires chinoise dignes de ce nom. Cette grammaire qui suit aussi la structure de l’ouvrage latin de Nebrija sera le modèle imité longtemps en Asie par les Européens. Cependant, le modèle latin ne répond pas à tous les besoins des langues orientales et ainsi le fait remarquer le père Joseph Prémare dans son œuvre Notitia Linguae Sinicae (écrite en 1723, mais publiée en 1831), où il établit la distinction pour le chinois entre ce qu’on appelait la langue écrite et la langue orale.