25/11/2016, École normale supérieure

Journée d’étude organisée par Isabelle Serça, dans le cadre des travaux de l’Équipe Proust de l’ITEM et du Programme d’Investissement d’Avenir, Projet IDEX « ProusTime » de l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées.

Après la première journée qui s’est tenue en juin 2015 autour des notions d’« interpolation » et d’« anachronisme », cette seconde édition sera consacrée à la notion de « traces » et abordera le thème du temps et de la mémoire. Cette Journée s’inscrit dans le cadre du programme « ProusTime : penser le temps avec Marcel Proust, des sciences humaines aux sciences exactes et aux arts ». Ce projet Idex de l’université de Toulouse réunit une douzaine de chercheurs de domaines très éloignés pour penser le temps dans une perspective transdisciplinaire en se fondant sur la représentation thématique et la forme stylistique qu’en offre À la recherche du temps perdu. Entreprise délicate puisque le temps est de ces concepts dits primitifs qu’il est difficile de définir : pour faire court, c’est à la fois la variable « t » dans une équation, ce sentiment de la durée qu’éprouve tout un chacun qu’a décrit Bergson ou bien encore le théâtre où se déroule l’histoire des hommes en société. Ancrer la réflexion dans le texte de Proust évite de verser dans de vaines spéculations théoriques. Partant de termes clefs de l’œuvre choisis pour leur plasticité d’emploi tels que « interpolation » ou « anachronisme », examinés lors de la première Journée ProusTime, et tout particulièrement ici « traces », on s’appuie sur l’acception précise qu’ils prennent dans la Recherche pour examiner comment ils résonnent dans d’autres domaines : histoire, neurosciences, physique. La réflexion nécessite en effet l’élaboration d’un langage commun, sous peine d’incompréhension entre spécialistes de domaines éloignés – langage dans lequel les vertus heuristiques de la métaphore jouent un rôle central. Ce recours aux images que propose le texte littéraire ne se fonde pas sur une quelconque valeur illustrative, mais bien sur un enjeu cognitif : la littérature – et son caractère avant-coureur – est ainsi placée au cœur du dispositif.

Isabelle Serça (Professeur de Langue et Littérature françaises, Université de Toulouse-Jean Jaurès).

Patrick Boucheron (Professeur au Collège de France, Chaire d’« Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, xiiie-xvie siècle »).

Jean-Marc Devaud (Maître de Conférences en Neurosciences, Université de Toulouse-Paul Sabatier).

Thibault Damour (Physicien théoricien, Professeur à l’Institut des Hautes Études Scientifiques, membre de l’Académie des sciences).

Jean-Yves Tadié (Professeur émérite de Littérature française à l’Université Paris-Sorbonne).

Table ronde animée par Anne Simon (Chargée de recherche habilitée à diriger des recherches, CRAL, EHESS-CNRS).