13/01/2018, École normale supérieure, 45, rue d'Ulm, Salle Beckett

Jacqueline Courrier-Brière, « Paul Valéry en arabe : entre imitation et création »

Séminaire de l’équipe Valéry: Valéry et la traduction

École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, Salle Beckett

14h30-17h

La relation entre Paul Valéry et le proche orient arabe en général, et le Liban en particulier, s’inscrit dans une longue tradition d’émancipation littéraire. Elle remonte aux années 20 et a marqué plusieurs générations d’intellectuels et d’écrivains au point de surnommer le plus grand poète libanais « Saïd AkL ﺴﻌﻴﺪ ﻋﻗﻞ», « le Valéry des Arabes ».

La traduction du poème « La Jeune Parque ﺍﻠﺑﺍﺮﻚﺍﻠﺸﺍﺑﺔ » par le libanais « Édouard Tarabay ﺇﺪﻭﺍﺮﻁﺭﺑﻴﻪ » est un véritable parcours initiatique alliant deux stratégies : imitation et création.

Imitation, par fidélité vis-à-vis d’une démarche, d’une expérience, d’une vision de la poésie, mais également d’une conception de l’acte de traduire inspirée de Valéry, qui a lui-même  traduit Les Bucoliques de Virgile, et dont la démarche fait école auprès de certains critiques et traductologues (Georges Steiner).

Mais comme toute traduction est une ré-écriture, notamment lorsque l’on passe dans une langue dont le système linguistique et le mode de penser sont complètement différents, comme c’est le cas de l’arabe, cette traduction devient une véritable création avec tout ce que cela sous-entend comme procédés et processus.

Entre pertes, nouveautés, originalité ou ce qu’Antoine Berman appelle « l’étranger », une traduction assure, quoi qu’il en soit, une continuité, une transmission et une ouverture entre deux cultures.