Flaubert et le cinéma

05/06/2008,

Coordination : Anne Herschberg Pierrot (ITEM-Équipe Flaubert)

Programme :


13h30-15h00
Mary Donaldson-Evans : « Puissance de la piste sonore dans les adaptations de Madame Bovary»
Madame Bovary est un roman bruyant. Depuis le rire des écoliers jusqu’au chant de l’aveugle, Flaubert ne cesse pas de faire appel à l’ouïe. Que ce soit le son des cloches, le ronflement continue du tour de Binet ou le meuglement des vaches (pour ne mentionner que quelques-uns des nombreux bruits évoqués), la musique de la vie quotidienne en province fait partie intégrante de la narration. Rien de plus facile au cinéaste que de reproduire à l’écran ce mimétisme sonore du texte réaliste. Pourtant, une analyse de la bande-son de diverses adaptations révèle une interprétation souvent originale du texte. Les ressources de la sonothèque ainsi que l’exploitation de diverses techniques relatives à la piste sonore (voix-off, musique diégétique et extra-diégétique, etc.) permettent aux cinéastes de mettre leur propre griffe à leurs adaptations.

15h00-16h30
Anne-Marie Baron : « Charles et ses images, ou les avatars du modèle de l’époux bourgeois »
Chaque époque a sa façon de s’approprier les histoires antérieures. Les tendances actuelles de notre vie sociale, la place grandissante qu’y occupent les femmes font que de plus en plus les cinéastes comprennent et exonèrent Emma et soulignent la responsabilité de Charles, son indulgence, sa faiblesse, sa soumission, déjà dénoncées entre les lignes par Flaubert. De mari ennuyeux dans le roman, il devient séduisant et injustement trompé chez Minnelli, puis peu à peu, dans le cinéma contemporain, moins innocent que pervers, portant le poids d’une évidente culpabilité. Il s’agit donc de comparer ses différentes images filmiques pour mesurer leur évolution – en fonction de l’image d’Emma – selon les codes socio-politiques, esthétiques et moraux du temps et du pays de chacune des principales adaptations.