Séminaire Manuscrits francophones : René Maran / 2021

05/02/2021,

(©Agence Meurice, disponible sur Gallica)

Pour cette deuxième séance du séminaire René Maran, Ferroudja Allouache explorera l’ « impossible généalogie littéraire de René Maran » en compagnie de Buata Bundu Malela.

Ferroudja Allouache est maître de conférences en Littératures française et francophones à l’université Paris 8. Ses domaines de recherche s’articulent autour de la notion de francophonie dont elle interroge les lieux communs et ses principes directeurs. Soutenue en 2015, sa thèse intitulée « Réception et fabrication du texte littéraire « francophone » dans la presse française : du prix Goncourt attribué à René Maran (1921) aux lendemains des Soleils des indépendances d’Ahmadou Kourouma (1970) », publiée aux Classiques Garnier en 2018 sous le titre Archéologie du texte littéraire dit « francophone » 1921-1970, étudie l’histoire et la mémoire de la littérature produite par des écrivains originaires de l’Outre-mer français. Pour ce travail, elle s’est livrée à une revue de presse conséquente dont elle présentera les enjeux relatifs à la réception de Batouala, ce véritable roman nègre édité par Albin Michel en 1921 et primé du Goncourt quelques mois plus tard. Ce classique des études dites francophones permet de vérifier à quel point la fortune d’un livre, le destin d’un auteur dépendent souvent des commentaires qu’en assurent les critiques. Bien qu’elle relève d’un jugement de goût, de réactions à chaud, la critique journalistique a une large responsabilité dans la réception d’une œuvre. L’exposé de Ferroudja Allouache s’intéressera ainsi la manière dont les journalistes de l’époque « bricolent » pour évincer René Maran et son personnage Batouala de la mémoire de la littérature telle qu’elle est en train de « se faire » à un moment où le roman colonial, la « mode nègre » sont en vogue.

Buata Bundu Malela est maître de conférences habilité à diriger des recherches en littératures francophones de Sorbonne Université. Il enseigne les littératures francophones à l’Université de Mayotte et est chercheur associé à l’Université Libre de Bruxelles. Ses recherches portent sur les littératures francophones (Europe, Afrique, Antilles et océan Indien), la théorie de la littérature et la pop musique urbaine contemporaine. Il a publié des monographies qui couvrent ces axes de recherche : Les Écrivains afro-antillais à Paris (1920–1960) : Stratégies et postures identitaires (Karthala, 2008) ; Michael Jackson. Le visage, la musique et la danse : Anamnèse d’une trajectoire afro-américaine (Anibwe, rééd. 2013 ; Aimé Césaire et la relecture de la colonialité du pouvoir (Anibwe, 2019) ; La réinvention de l’écrivain francophone contemporain, (Éditions du Cerf, 2019) ; Edouard Glissant. Du poète au penseur, (Éditions Hermann, 2020) ; La pop musique urbaine francophone. Image de soi, sujet pop et mélancolie, (Éditions du Cerf, 2020). Il a co-dirigé plusieurs collectifs sur les littératures des Comores, la littérature et la politique, les marges littéraires, Césaire et Camus, l’insularité dans les littératures francophones, etc.

Pour obtenir le lien permettant de suivre la visio-conférence, écrire à Claire.riffard@cnrs.fr