Deux axes de recherche se sont dégagés comme prioritaires dans les travaux de l’équipe : la question du titre de l’œuvre et la question du vocabulaire critique permettant d’identifier les traces de la genèse.

La fabrique du titre

Aussi étrange que cela puisse paraître la question du titre de l’œuvre d’art (son histoire, ses processus, ses fonctions, son rôle dans la création et la réception de l’œuvre, etc. ) n’avait donné lieu qu’à un nombre très limité d’études scientifiques, pour la plupart envisagées d’un point de vue sociologique. C’est pour combler cette importante lacune que l’équipe s’est consacrée pendant cinq années à une vaste recherche théorique et à une série d’enquêtes sur corpus dans le cadre de plusieurs colloques, journées d’étude et séminaires à l’ENS qui se sont traduits par d’importantes publications parmi lesquelles La Fabrique du titre (dirigé par P.-M. de Biasi, M. Jakobi et S. Le Men, CNRS éditions, 2012, 456p.)

La terminologie artistique (XIVe-XVIIIe siècles, France-Italie-Espagne)

 

Programme DIGA

Le vocabulaire technique pour décrire les œuvres d’art « définitives » est stabilisé, compris et utilisé avec peu d’équivoque. En revanche, tout ou presque reste à faire pour l’immense domaine des documents et des traces écrites ou dessinées qui témoignent de leur genèse. Dans ce champ, les notions demeurent floues, les fonds restent à inventorier et les vocabulaires varient d’une institution à l’autre, d’une langue à l’autre, jusqu’à l’ininterprétable ou l’intraduisible.

C’est pour lever ce verrou que l’équipe se consacre à une base de Données Internationales de Génétique Artistique (DIGA, programme financé par le Labex Transfers) qui propose une définition scientifique et multilingue des termes permettant de parler de la genèse des œuvres plastiques. Le principe de cette ouverture multilingue (d’abord appliquée à 6 langues européennes : français, anglais, allemand, italien, espagnol, portugais) ne se bornera pas à établir une traduction valide de chacun des 300 concepts analysés, mais cherchera à construire une véritable approche historique et critique de la question à l’âge moderne et contemporain : une histoire comparée du concept dans l’espace multilingue européen, capable d’élucider la logique de son émergence linguistique dans une langue, la chronologie de ses transformations sémantiques, l’évolution de ses relations à ses champs sémantique et lexicaux, l’histoire de ses traductions et les modalités des transferts qui ont pu se produire, ou non, de langue à langue, du XVe siècle à nos jours.