16/10/2017,

Continents manuscrits, 9/2017, dossier « Vie et mort des revues en contexte colonial et postcolonial » coordonné par Guy DUGAS

Tenter l’approche génétique d’une entreprise aussi collective, aléatoire et contingente qu’est la création d’une revue peut sembler impossible, a fortiori dans les limites que nous nous sommes ici fixées d’une situation coloniale ou postcoloniale. Il y a pourtant une certaine fascination à voir ainsi s’agréger des dizaines de voix singulières en un espace d’écriture transitoire commun, comme une sorte de défi aux fortes contraintes d’un moment et à toutes les tutelles qui, d’une manière ou d’une autre, pèsent sur ce type d’entreprise, plus que toute autre dépendante : de l’institution par la demande de subventions, du corps social par la publicité, du groupe lui-même pour la diffusion ou l’apport de nouveaux collaborateurs… Tutelles auxquelles la revue ne peut tenter d’échapper que par l’investissement total de quelques-uns et la sollicitation d’abonnements, gages d’une plus grande liberté.