Multilinguisme, Traduction, Création / 2020-2021

19/02/2021, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris. Salle Celan. 16h – 18h

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Alors que les études sur l’œuvre de traducteur de Paul Celan (1920-1970), assez nombreuses, mettent surtout l’accent sur les liens entre son œuvre poétique et ses traductions, soit pour pointer des concordances et des affinités, soit au contraire pour relever l’écart dans la traduction, et ses raisons – qui peuvent tenir d’une contradiction propre au geste traducteur, même le plus « littéral » –, peu de commentateurs ont envisagé le corpus des traductions restées inédites de Celan. Ces textes aux statuts multiples (depuis la traduction « pour soi » jusqu’aux textes restés dans un tiroir suite à un échec éditorial en passant par les envois privés), traduits essentiellement du français mais aussi de l’anglais et du russe, se distribuent tout au long de la vie de Celan et recèlent bien des enseignements sur l’activité de traducteur de Celan, les brouillons le montrant pour ainsi dire « au travail », mais ce corpus pose aussi un certain nombre de problèmes dans l’établissement des dossiers génétiques des traductions.

Au centre de cette présentation se trouveront donc des réflexions éditoriales (comment présenter un dossier génétique d’une traduction inachevée, fragmentaire ou dont les étapes ne peuvent être que partiellement reconstituées, et quelle limite donner à une telle édition ?) appuyées sur des exemples à même d’esquisser une typologie, mais il s’agira également de jeter des ponts vers les raisons d’être de ces textes non-publiés et donc vers leur signification pour Celan.

Clément Fradin est post-doctorant au sein de l’EUR Translitteræ (ENS-PSL / CNRS) et prépare une édition commentée des traductions inédites de Paul Celan. Il a rédigé une thèse sur la bibliothèque de ce poète sous la direction de Werner Wögerbauer (à paraître aux Éditions rue d’Ulm, 2020). Il participe également comme traducteur à la Grande Édition Marx-Engels aux Éditions Sociales (Marx/Engels, Correspondance, tome 13 (1875-1880), 2020), ainsi qu’à la nouvelle traduction du recueil Pavot et mémoire de Paul Celan aux Éditions du Seuil (2020).