04/06/2019, ENS, salle Paul Langevin 29 rue d’Ulm, 75005 Paris, 2ème étage

Colloque organisé par l’équipe Joyeuses Inventions, l’Institut des Textes et Manuscrits Modernes (ENS-CNRS) et l’Institut Universitaire de France

Le colloque « Circulation des écrits littéraires de la Première Modernité & Humanités Numériques » entend interroger la manière dont la production de corpus littéraires et leur exploration par l’outil numérique renouvellent la lecture et l’édition critique des textes des XVIe et XVIIe siècles. Il s’inscrit dans les travaux de l’équipe Joyeuses Inventions, née à l’occasion du projet d’édition numérique du Thresor des joyeuses inventions du parangon de poésies (1554-1599) menée depuis janvier 2017 au sein du séminaire « Génétique éditoriale de la Première Modernité ».
Le plus souvent caractérisés par des régimes d’auctorialité complexes qui laissent place à une certaine instabilité textuelle, parfois placés sous le sceau de la publication collective, anonyme ou posthume, les écrits littéraires de la Première Modernité peuvent être entendus comme des textes en circulation. Situés entre manuscrit et imprimé, soumis à des formes d’agencement divers et de reconfigurations successives au gré de leurs rééditions, destinés parfois à la mise en musique ou à la mise en voix, à différentes formes de publication morcelées ou en oeuvres complètes, les écrits se composent et se recomposent au gré des publics auxquels ils sont adressés. Dès lors, comment publier sur un même support les diverses versions d’un même ouvrage lui-même à géométrie variable ? comment restituer la genèse éditoriale de ces écrits, si l’on intègre à leur édition critique leurs multiples occurrences, parfois en des formes et sous des titres différents, dans d’autres recueils parus précédemment ? comment, enfin, rendre compte de la mobilité des textes (intertextuelle, auctoriale, générique) et des réseaux (entre auteurs, traducteurs, compilateurs, imprimeurs-libraires) qui animent la production et la diffusion de ces écrits ?
Sans prétendre fournir des réponses définitives, les Humanités Numériques offrent des modes de questionnement qui invitent à renouveler l’appréhension de ces corpus : comment transcrire ces textes et quelles pratiques d’annotation engager ? quelle place accorder aux outils d’interrogation et de visualisation ? quels logiciels employer pour un travail collaboratif sur un même projet d’édition numérique ? La détermination de descripteurs propres au projet et de formats standardisés (notamment autour de XML-TEI) doit-elle s’adapter aux spécificités du corpus dans sa singularité ou favoriser l’interopérabilité et la mise en réseau des projets qui traitent de corpus apparentés ? quels accès favoriser auprès des lecteurs traditionnels de ces textes et comment en renouveler les parcours de lecture et d’exploitation ? d’un point de vue éditorial, informatique mais aussi institutionnel (financement, hébergement, maintenance, partenariats), comment assurer la pérennité des données et leur valorisation ?
Le colloque sera l’occasion d’interroger les choix méthodologiques de projets émanant de multiples champs disciplinaires (littérature, histoire du livre, histoire culturelle, musicologie, histoire de l’art). Les éclairages apportés mettront en évidence l’impact des choix éditoriaux, à la fois scientifiques et techniques, sur la définition de l’objet étudié, conduisant à examiner la contribution des Humanités Numériques à l’élaboration d’une méthodologie propre à l’édition critique des œuvres littéraires de la Première Modernité

Télécharger ici le Programme « Circulation »