05/06/2014,

Rencontre européenne de l’Association Internationale pour la Traduction et les Études Interculturelles (IATIS) 

Organisation : Université Paris 8 Vincennes­–Saint-Denis

L’histoire de la traduction en Europe est en effet marquée par une tension entre approche individualiste et approche collaborative.
De l’Antiquité à la Renaissance, des équipes de spécialistes multilingues pratiquaient communément la traduction. Des experts travaillaient deconserve à la résolution de problèmes de traduction au sein de telles équipes. Qui plus est, nettement distincts les uns des autres, les actes d’écriture et de lecture se trouvaient répartis entre les différents collaborateurs.
Au cours de la Renaissance, les pratiques changent : les préfaces ou les traités portant sur la traduction mettent au contraire en valeur l’unicité implicite de l’acte traductif.
En effet, l’exigence d’unicité au sein des institutions et des discours aux débuts de l’époque moderne en Europe (comme la standardisation linguistique et la consolidation de la foi, du foyer, de l’État, de la monarchie et de l’Église sous l’autorité de la figure unique de leurs patriarches respectifs) se conjuguea lors avec l’exigence d’unité poétique : unité d’action, de temps, de lieu et de style.
À la Renaissance, ces tensions se reflètent dans la manière dont on théorise alors la traduction. On privilégie un paradigme traductif individualiste au détriment d’autres modèles concurrents, tel celui de la traduction collaborative.
Dès lors que l’on a délégué à l’individu une tâche souvent accomplie par un collectif, les théoriciens ont pu imaginer le traducteur comme le substitut de l’auteur du texte, lui confiant une mission redoutable : il s’agissait de rivaliser avec l’entendement de l’auteur dans sa propre langue, tout en égalant son talent et son style dans une autre.
C’est ainsi qu’à la Renaissance, on a commencé à se focaliser sur la figure du traducteur en tant qu’individu. Cette représentation du traducteur, et rarement de la traductrice, atteint toutefois son apogée au cours de la période romantique. On idéalise alors l’écrivain en tant qu’artiste : c’est un être unique et inspiré, doué d’un génie immatériel, voire spirituel, capable de révéler les fragments d’une langue idéale, selon la célèbre interprétation de Walter Benjamin.
L’argument de Lawrence Venuti, selon lequel la volonté d’oblitérer l’existence du traducteur et de réprimer sa créativité aurait émergé pendant la période moderne, fait l’objet d’un large consensus dans le champ des études traductologiques. Cependant, selon une théorie moins répandue, le mythe du traducteur en tant que figure individuelle se substituant à l’auteur aurait également vu le jour à cette période.
En effet, la traduction s’est rarement réduite à la confrontation d’une personne unique avec un texte, laquelle aurait travaillé isolément, loin de ses collaborateurs et de ses pairs, de ses relecteurs et de ses éditeurs, de son pays et de ses institutions. 

Cette rencontre européenne IATIS se tiendra en juin 2014 à l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis et se déroulera sur trois jours.

On se concentrera sur l’histoire refoulée de la traduction collaborative. Ils’agira de recontextualiser ainsi les pratiques traductives contemporaines.Les participants s’intéresseraient à la façon dont Internet et les nouvelles technologies déploient l’éventail des pratiques collaboratives grâce auxmémoires de traduction, à la traduction dans les nuages, à l’externalisation distribuée en direction des fans, ou encore à la traduction communautaire enligne etc.
Les propositions qui mettront en exergue ces pratiques seront les bienvenues. C’est pourquoi nous encourageons les participants à aborder les questions suivantes, sans que cette liste ne soit ni limitative ni exhaustive :

  •  l’histoire de la traduction collaborative
  •  les coopérations entre communautés de différentes cultures visant àassurer la diffusion de leur savoir, de leur science et de leur littérature* les « pseudo-collaborations » et les enjeux politiques de la traduction àplusieurs mains (conflits, négociations, tactiques, rapports de force…)
  •  les collaborations entre auteurs et traducteurs* les échanges, désirs et compromis qui se nouent entre traducteurs,correcteurs, relecteurs et éditeurs* les collaborations entre les différentes parties impliquées dans la traduction pour le théâtre, l’opéra et le cinéma
  •  l’influence des compagnies, comme des institutions publiques et privéessur ces industries
  •  l’influence de l’affect ou de l’humain et de l’interpersonnel dans leséchanges entre les parties engagées dans la traduction collaborative
  •  la nature des échanges virtuels et leur impact sur la traduction* l’impact des pressions exercées par les institutions qui poussent autravail collaboratif pour accroître « l’efficacité » de la traduction
  •  les défis de l’archivage des traductions collectives et les questions depropriété intellectuelle que soulève la notion d’autorité collective Date limite d’envoi des propositions : 1er octobre 2013. 

Langues de travail : anglais et français. Merci d’envoyer vos propositions (200-500 mots) à Easychair (https://www.easychair.org/conferences/?conf=iatis2014 ) et vos questions àanthony.cordingley@univ-paris8.fr


Ce colloque est libre de tout droit d’inscription. Publication : le comité d’organisation publiera les actes sous formed’ouvrage imprimé et aussi en ligne après évaluation des articles par uncomité scientifique Comité d’organisation parisien : 

Anthony Cordingley, Céline Frigau Manning, Marie Nadia Karsky,  Arnaud Regnauld 


Ce colloque est le fruit d’une collaboration entre IATIS, la Bibliothèque Nationale de France et trois laboratoires de recherche de l’Université Paris8 : EA 1569—Transferts critiques et dynamique des savoirs,EA 4385—Laboratoire d’études romanes, EA 1573—Scènes et savoirs. Il a étéproposé à IATIS en 2012, validé par le conseil scientifique d’IATIS en avrilde 2013 et l’appel à contributions publié en mai sur les sites d’IATIS (https://www.iatis.org) et Labex Arts-H2H (http://www.labex-arts-h2h.fr).   

“Collaborative Translation : from Antiquity to the Internet” 5-7 June 2014, Paris

Regional Workshop of the International Association for Translation and Intercultural Studies (IATIS)Organized by Université Paris 8 – Vincennes-Saint-Denis 

Conference venues: Bibliothèque Nationale de France and Université Paris 8

This IATIS Regional Workshop will explore the diversity of translation practices which challenge the myth that the singular translator could orindeed should assume the place of an “original” author. We hope to encourage scholars to think about the collaborative dimension to all forms of translation, past and present, and to interrogate how creative practices are negotiated within institutional contexts. We welcome contributions whichpresent collaborative translation histories and practices from beyond Europe, thereby contextualizing Western thinking about translation. 

The European history of translation has witnessed a tension between anindividualistic and a collaborative approach to translation. From Antiquity to the Renaissance, translation was commonly practised by teams comprised ofspecialists of different languages. At the centre of translation teams experts from different cultures came together to find solutions to translation problems, and the acts of reading and re-writing were commonly separated and multiplied between participants. During the Renaissance, however, prefaces and tracts which discussed translation focused more and more upon an imputed singular act of translation.

Indeed, the demands forunity within institutions and discourses of Early-Modern Europe—such as the standardizing of language and the consolidating of faith, household, state, monarchy and Church under their respective singular patriarchs—were coupled with demands for poetic unity in action, time, place and style.

These pressures were felt in Renaissance theorizations of translation, which gave priority to an individualist model of translation at the expense ofcompeting ones, such as collaborative translation. Devolving upon the individual the task which was often performed by the many allowed thosewriting about translation to imagine the translator to be a text’s surrogate author, at once giving the translator the daunting task of equalling the comprehension of the author in the author’s tongue and matching that author’s skill and style in another. The Renaissance thus paved the way for a new concentration on the individual translator, who found his, and rarelyher, apogee during the Romantic period, when the writer as artist wasidealized as the singular figure inspired with an immaterial, even spiritual, genius, and, following Walter Benjamin’s celebrated reading, one capable of offering up fragments of an ideal language.

Nevertheless,Translation Studies broadly accepts Venuti’s argument that in the Modern period a desire emerged to efface the existence and creativity of the translator. Yet a less accepted notion is that this period also gave rise to the fabrication of the myth of the translator as a singular surrogate author. Indeed, translation has rarely, if ever, been an unmediated exchange where one person works in front of a text in isolation from their collaborators and peers, their editors and publishers, their country and its institutions.The IATIS Regional Workshop in June 2014 is a three-day conference hosted bythe University of Paris 8 ­– Vincennes-Saint-Denis. It focuses on this repressed history of collaborative translation in order to recontextualize translation practices today. In particular, we invite papers which addresshow new technologies and the internet have expanded the potential for collaborative practices through the use of translation memories, cloud translation, fan sourcing, translation by web communities etc. But we also strongly encourage papers which bring these practices into relief, and so weencourage proposals for papers which might also consider the following topics, without being limited by them: 

  • the history of collaborative translation;
  • collaboration in translation outside the West, today and in the past;
  • the cooperation between communities of different cultures for thetransmission of their learning, science and literature;
  • pseudo-collaboration and the politics of translating collectively(conflict, negotiation, tactics, power…)
  • collaborations between authors and translators;
  • the exchanges, desires and compromises between translators, correctors,editors, and publishers;
  • collaborations between different parties involved in translating for thetheatre, the opera and the cinema;  the influence of companies and publicand private institutions in these industries;
  • the influence of affect or the human and interpersonal dimension inexchanges between parties to collaborative translation;
  • the nature of virtual exchanges and their influence upon translation;
  • the effects of institutional pressures to translate collaboratively toincrease « efficiency »;
  • the challenges of archiving collective works and problems generated bycollective authorship. 

Deadline for submission of abstracts: 1 October 2013

Conference languages: English and FrenchPlease send abstracts (200-500 mots) to Easychair (https://www.easychair.org/conferences/?conf=iatis2014 ) and your questions to anthony.cordingley@univ-paris8.fr.cordingley@univ-paris8.fr> .

There is no registration fee for this conference.

Publication: the organizing committee has secured peer review publication inbook and online formats.

Paris Organizing Committee : Dr Anthony Cordingley, Dr Céline Frigau Manning, Dr Marie Nadia Karsky, Dr Arnaud Regnauld.

This conference is a collaboration between the International Association forTranslation and Intercultural Studies (IATIS), the Bibliothèque Nationale de France (BNF), the Labex Arts-H2H and three research laboratories of theUniversité Paris 8: Laboratoire EA 1569: Transferts critiques et dynamiquesde savoirs; Laboratoire EA 4385, Laboratoire d’Etudes Romanes; and the Laboratoire EA 1573, Scènes et savoirs.