30/09/2015,

 Modalités de soumission :

Les propositions de communications (un résumé de 500 mots et une notice biographique de 100 mots, en français) sont à envoyer à  viviana.agostini-ouafi@unicaen.fr

avant le 30 septembre 2014.

Les réponses aux intervenants seront envoyées courant octobre 2014.

Frais d’inscription : 50 €

Le séjour des participants (nuitées et repas) du mercredi après-midi 30 septembre au vendredi après-midi 2 octobre sera pris en charge par les organisateurs du colloque, le voyage en revanche sera aux frais des participants (ou de leurs équipes de recherche).

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 Fondé à Paris en 1988 autour de quelques fonds d’éditeurs et d’écrivains, l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine est rapidement devenu l’un de plus importants centre d’archives privées en France. L’ouverture d’une antenne à l’Abbaye d’Ardenne près de Caen en 1998, puis l’inauguration en 2004 de la bibliothèque de l’IMEC dans l’église normande restaurée ont fait de ce centre l’un des lieux mémoriels les plus fascinants de la culture contemporaine française et francophone. Son répertoire en ligne (www.imec-archives.com) présente les inventaires des fonds d’auteurs, d’éditeurs, de maisons d’édition, de revues, d’institutions et associations confiés à l’IMEC. Le répertoire alphabétique des auteurs, dès la lettre A, témoigne de la richesse et pluridisciplinarité de ces fonds : Arthur Adamov, Louis Althusser, Jean-Paul Aron, Jacques Audiberti…

Un tel patrimoine est étudié depuis toujours par les spécialistes de différents domaines (philosophie, littérature, etc.) mais la traductologie aussi peut y trouver son bien : des nombreux fonds d’auteurs, d’éditeurs et de revues portent les traces, multiples et variées, d’une intense activité de traduction. L’exploration des archives à la recherche de brouillons de traductions, de mises au net dactylographiées, d’épreuves et d’imprimés, ainsi que de la correspondance entre auteurs, maison d’édition et traducteurs, a fait l’objet de séminaires organisés par l’équipe pluridisciplinaire et plurilingue ERLIS (Équipe Recherche Littératures Imaginaires Sociétés EA 4254) de l’université de Caen mais la richesse de ces fonds est immense et d’autres chercheurs de France et de l’étranger, des traductologues et des traducteurs, sont conviés à ce colloque pour participer à leur exploration et valorisation.

Une liste non exhaustive de traducteurs de l’IMEC bilingues ou plurilingues, français ou francophones peut donner une idée des pistes possibles de recherche : Henri Meschonnic, Yves Bonnefoy, Armand Robin, Arthur Adamov, Dominique Arban, Armel Guerne, Vladimir Pozner, Michel Vinaver, Michel Deguy, Lorand Gaspar, Jean Tardieu, Bernard Dort, Georgette Camille, André et Bona Pieyre de Mandiargues, Eugénie Lemoine-Luccioni, Samuel Beckett, Gilles Barbedette, Guy Dumur, Jean Gattegno, Jean Queval, Louis Evrard, Yves Gandon… Cette liste n’est pas figée, elle évolue dans le temps, selon les arrivages de nouveaux fonds à traiter (André Bay, Béatrice Commengé par exemple) et selon les transferts en d’autres lieux des fonds ici précédemment déposés (c’est le cas d’André Pézard et Marcel Bataillon) : un chantier d’études en mouvement, constamment enrichi et renouvelé.

L’essor de la génétique textuelle, développée en France au cours des années 1970, semble ne pas avoir pour le moment beaucoup d’influence sur les études traductologiques. Pourtant, au cœur de la génétique textuelle, il y a d’une part la naissance et le développement de l’œuvre originale, autrement dit l’histoire scripturaire du texte source, et d’autre part les questions liées à sa vie et à sa survie éditoriales. L’édition et la post-édition relèvent notamment du domaine philologique, composante clé à tous les effets de l’approche génétique. Les modalités de la genèse d’un texte et de sa (sur)vie éditoriale concernent aussi la traduction en tant que processus scripturaire méta-textuel accompli sous contrainte et en tant que résultat de ce processus. La traductibilité est par excellence une condition instable et mouvante du texte cible, une propriété intrinsèque de l’inachèvement du traduire.

L’approche génétique est donc pertinente au plan traductologique mais, comme pour l’œuvre originale, il faut trouver dans les archives du traducteur, de la maison d’édition ou des institutions comme l’IMEC les brouillons, les mises au net, les exemplaires dactylographiés, les épreuves et les imprimés. Chaque fonds d’archives est toutefois unique et les stratégies d’analyse à adopter doivent s’adapter aux caractéristiques de celui-ci. En se penchant sur les brouillons d’un traducteur de l’IMEC, confortablement installés dans une magnifique abbaye du XIIe siècle, nous sommes déjà, paradoxalement, dans la traductologie de demain : notre étude vise à reconstituer de façon dynamique l’acte même du traduire, à cerner les doutes, les ratés et les acquis menant, par degrés successifs, à la naissance du texte d’arrivée.

Ce colloque international donnera en priorité la parole en 2015 aux chercheurs qui auront fait la démarche d’étudier le fonds d’un traducteur de l’IMEC, pour le saisir à l’œuvre dans son laboratoire, pour analyser la genèse et les variantes de ses traductions, ses échanges épistolaires avec l’auteur ou l’éditeur ou ses réflexions traductologiques (souvent inédites).

D’autres communications seront également prises en compte si l’approche génétique des textes source et cible, même sans avoir consulté à l’IMEC le fonds du traducteur en question, concerne l’œuvre de traduction de celui-ci.

Enfin, on pourra aussi prendre en compte des interventions théoriques développant les questions liées à l’approche génétique et philologique des archives des traducteurs.

 Comité organisateur ERLIS (Université de Caen Basse-Normandie) :

Viviana Agostini-Ouafi, Nadia Aït-Bachir, Caroline Berenger, Yves Chevrefils-Debiolles (IMEC/ERLIS), Annelie Jarl-Ireman, Antonio Lavieri (Université de Palerme/ERLIS), Helga Lux

Colloque organisé avec la collaboration de :

IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine)

ITEM (Institut des Textes et Manuscrits Modernes)

SEPTET (Société d’Etudes des Pratiques et Théories en Traduction)

Comité scientifique :

Viviana Agostini-Ouafi (Université de Caen Basse-Normandie)

Olga Anokhina (ITEM, CNRS/ENS)

Boris Czerny (Université de Caen Basse-Normandie)

André Derval (IMEC)

Maria Teresa Giaveri (Université de Turin)

Jean-René Ladmiral (Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, ISIT-Paris)

Antonio Lavieri (Université de Palerme)

Florence Lautel-Ribstein (SEPTET, Université d’Artois)

Jean-Yves Masson (Université de Paris-Sorbonne)

Alejandra Testino-Zafiropoulos (Université de Caen Basse-Normandie)