Séminaire Multilinguisme, Traduction, Création / 2021-2022 [séance reportée]

08/04/2022, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris. Salle IHMC. 15h – 17h

 

Les manuscrits autographes de traductions littéraires réalisées avant le 18e siècle sont extrêmement rares. Cette communication sera l’occasion d’évoquer de quelques exemples connus de la tradition anglaise – dont certains ont attiré l’attention des historiens de la littérature mais restent peu connus des généticiens –, notamment la découverte en 2015 d’un brouillon de traduction de la King James Bible attribué à Samuel Ward (1572-1643), membre de la « deuxième compagnie de Cambridge », l’une des six équipes chargées de traduire la Bible pour le roi Jacques Ier. Ce brouillon sera comparé à quelques autres, dont les manuscrits la reine Élisabeth Ière elle-même, dont les traductions privées d’auteurs classiques tels que Tacite ont aussi été mises au jour récemment. Il s’agira de montrer l’apport de la génétique des traductions à la recherche interdisciplinaire sur la traduction ; dans le cas que nous présentons, par exemple, elle offre aux biblistes et aux historiens une approche différente mais complémentaire pour conceptualiser les manuscrits et les processus de traduction.

Anthony Cordingley est maître de conférences à l’université Paris 8 – Vincennes-Saint-Denis, actuellement en détachement à l’université de Sydney en tant que Robinson Fellow. Spécialiste de la littérature anglophone et de la traduction, il a publié récemment Samuel Beckett’s “How It Is”: Philosophy in Translation (Edinburgh University Press) et co-dirigé avec Patrick Hersant le dernier numéro de Meta : Journal des traducteurs consacré au archives de traduction. Il conduit actuellement un projet de recherche (2020-2022) au Centre for Translation Studies (CETRA) à KU Leuven, sous le titre Genetic Translation Studies et dans le cadre d’une bourse Marie Skłodowska-Curie.