le 3 mai prochain de 14h30 à 16h30
à l’ENS, 45 rue d’Ulm, Paris 
Pavillon Pasteur, 1er étage
Anaïs Stampfli proposera une 
analyse comparative des traductions anglophones de Pluie et vent sur Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart. 
 
Il s’agira de lire conjointement la version de Barbara Bray traduite en 1974 et celle plus récente d’Alfred Fralin et Christiane Szeps (1998). 
Ces deux versions ne s’adressent pas au même public : The Bridge of Beyond de Barbara Bray est destiné au grand public tandis que Pluie et Vent sur Télumée Miracle d’Alfred Fralin et Christiane Szeps est conçu pour un public scolaire étudiant la langue française.
Au vu de ces différents destinataires, les traducteurs ont adopté différentes stratégies pour transposer l’univers dépeint par Simone Schwarz-Bart : Barbara Bray traduit intégralement l’oeuvre vers la langue cible, l’anglais, tandis qu’Alfred Fralin et Christiane Szeps conservent la version française qu’ils annotent de quelques traductions et explications en anglais. Mon propos sera ici d’étudier ces différents partis pris afin de déterminer comment restituer au mieux les spécificités de l’univers créole de Pluie et vent sur Télumée Miracle.
 
Après avoir enseigné les Lettres modernes à l’Université Grenoble-Alpes dans le cadre d’un contrat doctoral, Anaïs Stampfli occupe depuis 2016 un poste d’ATER au pôle guadeloupéen de l’Université des Antilles.
C’est également en 2016 qu’elle a soutenu une thèse sur La coprésence de langues dans le roman antillais contemporain. Cette thèse issue d’une codirection entre l’Université de Lausanne et l’Université Grenoble-Alpes est accompagnée d’un recueil d’entretiens menés auprès d’une quinzaine d’écrivains caribéens. Ces deux volumes sont en voie de publication chez Peter Lang.
Par ailleurs, Anaïs Stampfli a publié une dizaine d’articles sur les langues d’écriture de romanciers martiniquais et guadeloupéens (Maryse Condé, Simone Schwarz-Bart, Raphaël Confiant et Patrick Chamoiseau entre autres) et sur la traduction d’écrits plurilingues. Parallèlement, elle a dirigé la publication d’un dossier sur le récit de voyage aux Outremers français paru en mars 2019 dans la revue Viatica.
 
Jean-Pierre Orban poursuivra par une 
amorce de cartographie génétique des notes et carnets d’André Schwarz-Bart.
 
Quelles fonctions diverses avaient les carnets et notes d’André Schwarz-Bart? Que révèlent les notes dans les carnets et bloc-notes, ou notes éparses de son processus de création en cours? Ou sont-ils à l’inverse un retour réflexif sur la création? Que nous dit la diversité des supports de l’ordre ou du désordre (ou errance scripturaire) d’André Schwarz-Bart? Et comment les carnets et bloc-notes se distinguent-ils ou s’articulent-ils avec les notes multiples dans les ouvrages de sa bibliothèque? Peut-on aujourd’hui déjà amorcer une espèce de cartographie génétique des notes hors et dans la bibliothèque? Cette cartographie donne-t-elle un sens et une structure à l’oeuvre publiée et à l’oeuvre inédite? Amorce interrogative sur un sujet vaste qui bénéficiera d’analyses déjà menées par Francine Kaufmann et d’autres à suivre sur l’architecture possible de Kaddish et d’une étude exhaustive de la bibliothèque et des carnets au fur et à mesure de leur dépôt dans le fonds Schwarz-Bart à la BnF.
Jean-Pierre Orban est chercheur associé à l’Institut des textes et Manuscrits Modernes. Il dirige le Groupe de travail Schwarz-Bart.