Séminaire :
Séminaire Baudelaire « Éditer la poésie du XIXe siècle » / 2026-202716/10/2026, ENS, 29 rue d'Ulm, salle U209, 16h30-18h.
Éditer l’œuvre poétique de Louise Ackermann (Premières poésies, Poésies philosophiques, 1874) ne va pas de soi. D’abord parce que la poétesse est relativement tombée dans l’oubli. Par ailleurs, parce que cette poésie ne correspond pas aux exigences que l’histoire littéraire a tendu à imposer à la poésie dite moderne. Pour le dire rapidement, il s’agit d’une œuvre qui, sur le plan purement formel, semble un simple écho de la poésie romantique. À condition, pourtant, de ne plus considérer que seul le plan formel a de l’importance dans la quête d’une modernité poétique qui se revendique dans la pluralité, il est possible de considérer que cette œuvre a toute sa place dans l’histoire de la poésie moderne : elle innove thématiquement, s’ancre dans son contexte (en dialoguant avec la philosophie, la science…), expérimente de nouvelles tonalités et une nouvelle voix lyrique (qui travaille à se faire universelle). Enfin, Ackermann établit une rupture forte avec la figure de la femme poète qui, trop souvent, se cantonne (est cantonnée) au seul lyrisme élégiaque : modèle de la poétesse forte, savante, elle revendique une poésie de la raison plutôt que du cœur. Cette voix trop virile fut pour cette raison tantôt admirée tantôt clouée au piloris.◊
Yohann Ringuedé est agrégé de lettres modernes et docteur. Spécialiste des formes poétiques et d’épistémocritique, il a fait paraître une version remaniée de sa thèse aux éditions Hermann (Une crise du moderne. Sciences et poésie dans la seconde moitié du XIXe siècle, 2021).

