Séminaire Proust. « Pastiches et réécritures » /2026-2027

31/05/2027, BnF, site Richelieu, 58 rue de Richelieu (salle des conférences) - 10h30-12h30

Parmi les œuvres nombreuses et variées dont « l’oreille fine » de Proust a retenu « l’air », et par conséquent exploité « les paroles », la Correspondance de Sévigné occupe une place privilégiée. La critique s’est penchée sur l’influence de l’épistolière dans la construction du personnage de la grand-mère, sur la réflexion engagée autour de la lecture de Sévigné et de sa réception polémique, illustrée par des discours critiques discordants. Je voudrais pour ma part m’interroger sur les modalités selon lesquelles le texte sévignéen circule et s’infiltre dans le roman proustien. Plutôt qu’à la mise en scène des références et des citations, je m’intéresserai à ce que Jun Ikeda qualifie de « citation silencieuse » ou « citation sans citation »[1] – procédé qui implique un travail invisible de réécriture (dont les cahiers révèlent parfois la présence) ainsi que l’utilisation par Proust du « Sévigné » comme d’une langue codée.

[1] Jun Ikeda, La culture littéraire dans À la recherche du temps perdu. Madame de Sévigné, Saint-Simon, Hugo et Balzac, Paris, Honoré Champion, 2025.