Séminaire :
Séminaire Génétique du photographique. « Hors tout et débordements »/ 2026-202711/03/2027, ENS, 45 rue d'Ulm 75005 Paris. Salle à préciser (14h-16h00)

Laurent Millet, L’astrophile, 2018. Oleotype. 40x50cm
Laurent Millet développe une œuvre située à la croisée de la photographie, de la sculpture et de la recherche spéculative. L’image n’est jamais un simple constat, mais l’aboutissement d’un processus où la construction d’objets et la mise en scène tiennent une place centrale. Dans son atelier ou au cœur de paysages choisis, il fabrique des dispositifs fragiles et énigmatiques — véritables « expériences » visuelles — qui interrogent les lois de la physique, la géométrie ou l’histoire des sciences. Cette démarche hybride, qu’il qualifie parfois d’« encyclopédie imaginaire », transforme ses photographies en méditations poétiques sur la fragilité de nos savoirs. En convoquant des références aussi variées que l’anatomie, l’optique ou la géométrie, Millet déplace le regard du spectateur, l’invitant à une exploration contemplative entre réalité et invention. Chaque série devient ainsi un monde clos, rappelant que la photographie n’est pas qu’une empreinte du réel, mais une apparition construite, un « revenant » dont l’existence même est liée à l’artifice. Ses dispositifs, en s’interposant entre le sujet et l’objectif, font de l’image le lieu d’une absence : ce que l’on voit est une trace déportée, une fiction qui hante le support photographique.