, Lyon, École nationale supérieure des beaux-arts et Musée d’art contemporain - 15 et 16 mars 2027
Colloque international coorganisé par Aix-Marseille Université (AMU), l’Université Clermont Auvergne (UCA) et l’Université Grenoble Alpes (UGA), en collaboration avec le MAC Lyon et l’ÉNSBA-Lyon.
Argumentaire
Le colloque « Titre et traduction : de l’atelier au musée » se déroulera les 15 et 16 mars 2027 à Lyon, ville au carrefour des universités d’Aix-Marseille, de Clermont-Ferrand et de Grenoble Alpes à l’origine de l’événement. Il s’agira de réfléchir aux enjeux liés à la fabrique du titre et à sa traduction, depuis sa création par les artistes jusqu’à sa diffusion et sa réception dans les mondes de l’art. En effet, si la question de la traduction des textes théoriques en histoire de l’art a suscité un foisonnement de travaux ces dernières années (Boyd White et Claudia Heide, 2010 ; Passini et Wilfert, 2020 ; Sotropa et Métayer, 2021 ; séminaire du DFK-Paris « Penser entre les langues. La traduction comme paradigme des sciences humaines », 2025) — tout comme celle des titres (Biasi, Jakobi, Le Men, 2012 et 2025) —, l’analyse conjointe du titre et de sa traduction demeure, en revanche, moins explorée. Il en va de même de l’articulation de cet objet d’étude avec le champ muséographique, dont les outils de médiation ont été récemment interrogés (séminaires dans le cadre du programme (D)écrire les œuvres, (re)penser les cartels de la chaire Delphine Lévy, INHA) sans que la traduction des titres ait fait l’objet d’une analyse spécifique.
Menée en partenariat avec l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon et le Musée d’art contemporain de Lyon, cette manifestation souhaite réunir des acteur·trices issu·es de disciplines et de milieux professionnels variés (traducteur·rices, artistes, enseignant·es-chercheur·es, conservateur·rices, étudiant·es en arts, etc.) afin de dialoguer à travers des formats favorisant des temps d’échange (conférences, tables rondes, workshops…). Les enjeux sont ainsi de créer des passerelles entre différents espaces institutionnels (universités, écoles des beaux-arts, musées), mais aussi d’articuler étroitement recherche, théorie et pratique, dans le champ de l’art comme dans celui de la traduction.
Axes de recherche
Les intervenant·es sont invité·es à explorer les pistes de réflexion suivantes, non exclusives les unes des autres.
Axe 1 : Fabrique du titre et de ses traductions : enjeux esthétiques et plastiques
Ce premier axe porte sur l’analyse des processus de création du titre et de sa traduction :
- Dans quelle(s) langue(s) les titres et leurs traductions sont-ils pensés (langue maternelle, seconde, de voyage…) ? Quels enjeux sont associés aux choix de titres en plusieurs langues ? Quel rôle joue, par ailleurs, le choix des langues au regard d’expériences de vie, de la circulation des artistes et des œuvres, des migrations, des situations de guerre ou de conflits… ?
- Quelles sont les modalités de création du titre ? L’artiste en est-il l’auteur ou s’agit-il d’un processus plus complexe, collectif ou faisant appel à des auteur·trices et traducteur·rices différent·es ? Quelle est la temporalité de l’écriture des titres et de leurs traductions ?
- Quelles dynamiques et formes de créativité sont à l’œuvre dans cette pratique d’écriture et de traduction (expérimentations littéraires, linguistiques, performatives, sonores, plurilingues…) ? Quelle place cette pratique occupe-t-elle plus spécifiquement au sein des démarches de recherche-création ?
- Dans quelle mesure la matérialité des titres et de leurs traductions – supports, modes d’inscription, spatialisation, médium (au verso d’une toile, sur cartel, au crayon…) – joue-t-elle un rôle dans leur fabrique ?
Axe 2 : Fonctions, usages et statut du titre et de ses traductions
Ce deuxième axe s’intéresse aux fonctions du titre traduit, à l’historiographie et au statut de cet objet d’étude en histoire de l’art et sciences de l’art :
- Existe-t-il une langue internationale du titre ? Cette situation a-t-elle évolué au cours du temps ? Quel est, dans ce cadre, le statut de langues considérées comme « universelles », telles que l’anglais aujourd’hui ou le français précédemment ? Une langue peut-elle alors être considérée comme langue « officielle » du titre ? Qu’en est-il, dans ce cas, de l’éventuelle invisibilisation de la langue originale ?
- Peut-on traduire tous les titres (les « sans-titre » imposés ou choisis, les intraduisibles, les jeux de mots, les langues inventées, imaginaires) ?
- Quelle place l’artiste dans la validation que l’on fait – ou non – de son titre ?
- Y a-t-il de mauvaises traductions des titres (erreurs de traduction, de compréhension, anachronismes) ? Dans quelle mesure peuvent-elles se superposer les unes aux autres et/ou peuvent-elles figer un sens ?
- Peut-on écrire l’histoire d’un titre et de sa traduction ?
Axe 3 : Enjeux d’exposition, d’édition et de médiation des titres et de leurs traductions
Ce troisième axe traite des enjeux politiques, économiques et linguistiques de l’exposition et de l’édition du titre et de ses traductions, ainsi que de leur rôle dans les processus de médiation jusqu’à sa réception par les publics :
- Quels·les sont les acteur·trices (artistes, galeristes, conservateur·trices, critiques d’art, traducteur·trices, etc.) de ces choix et qui fixe la traduction d’un titre ? Dans quelle mesure peut-on donner des titres différenciés selon les lieux d’exposition (salons, galeries, musées, espace public), les espaces (dans son propre pays ou à l’étranger) et les supports de publication (revues, catalogues), ou choisir de ne pas traduire, et pourquoi ? Une décision concernant la traduction d’un titre dans une exposition s’appliquera-t-elle automatiquement dans un catalogue ?
- Dans quelle mesure le choix de la langue d’un titre témoigne-t-il d’éventuels rapports de domination et de pouvoir ? Qu’en est-il, notamment, des langues dites minoritaires, des langues régionales, des situations de diglossie, des pays multilingues, des langues épicènes ? Quel rôle joue, également, la traduction des titres dans les restitutions de biens culturels ? Dans quelle mesure ce choix de langue témoigne-t-il et/ou participe-t-il d’une certaine géopolitique des langues ?
- Quels enjeux de médiation et d’accessibilité portent les traductions d’un titre ? Quels rôles jouent alors les textes de salle et/ou les cartels, et quels choix sont opérés entre exhaustivité scientifique et diffusion auprès des publics, y compris malvoyants (écriture braille) ? Qui traduit les titres au musée ? Comment signifier graphiquement la traduction : quel statut va transparaître (entre guillemets, entre crochets, italique ou roman) ? Comment appréhender les dispositifs numériques de médiation (applications de visite, audioguides, bases de données en ligne, traduction automatique ?) et la manière dont ils changent les pratiques de traduction et la présentation des titres d’œuvres ?
- Quelle est alors la réception et l’expérience des publics : quel effet est produit par un titre traduit ou bilingue ? Est-ce que la traduction oriente le regard ou, au contraire, limite les lectures possibles de l’œuvre ?
- Quelle valeur est donnée à la traduction du titre et varie-t-elle en fonction des espaces et des époques ?
Modalités de contribution
Ce colloque adopte une perspective résolument transpériode et transdisciplinaire – à la croisée de l’histoire de l’art, des sciences de l’art, de la traductologie et de la linguistique. Seront bienvenues aussi bien les études de cas que les approches transversales.
Les propositions de communication pourront prendre la forme de conférences, de workshops ou de tables rondes. D’un maximum de 4 000 signes et accompagnées d’un titre et d’une courte bio-bibliographie, elles seront à adresser avant le 18 septembre 2026 conjointement à : Sabrina Dubbeld (sabrina.dubbeld@univ-amu.fr), Marie Gispert (marie.gispert@univ-grenoble-alpes.fr) et Marianne Jakobi (marianne.jakobi@uca.fr). Le comité scientifique se réunira durant la première quinzaine d’octobre. Les frais d’hébergement et de transport des intervenant·es pourront être pris en charge, dans la mesure où ils ne sont pas couverts par leur institution de rattachement.
Comité d’organisation
Sabrina Dubbeld (LESA, Aix-Marseille Université), Marie Gispert (LARHRA, Université Grenoble Alpes), Marianne Jakobi (CHEC, Université Clermont Auvergne)
Comité scientifique
Felicity Bodenstein (Centre André Chastel, Sorbonne Université), Marie-Charlotte Calafat (MUCEM), Nicola Denis (traductrice indépendante), Fabrice Flahutez (ECLLA, Université Jean-Monnet-Saint-Étienne), Olivia Gaultier-Jeanroy (MAC Lyon), Yaël Kreplak (HiCSA, EHAAS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Marilou Laneuville (MAC Lyon), Camille Paulhan (ENSBA Lyon), Nadejda Podzemskaia (ITEM, ENS-CNRS), Myriam Suchet (THALIM, Université Sorbonne Nouvelle), Evelyne Toussaint (FRAMESPA, Université Toulouse Jean Jaurès).
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