06/11/2026 - 08/11/2026, Arles

Notre cerf
Rarement notre sujet aura été aussi mouvant et débattu. Pour l’attraper, nous avons essayé, encore et encore, de l’arrimer à des définitions, de le contenir dans un périmètre. Guidés par le contrepoint que nous cherchions aux littératures « du réel », lesquelles avaient été accueillies en majesté lors des éditions précédentes, nous avons ouvert les fenêtres de l’imaginaire, chantier si vaste que, tel un nuage que nous aurions voulu attraper avec les mains, il nous glissait entre les doigts. Et c’est finalement la scansion du titre, cet énoncé rythmé qui réunit nos trois jambes, qui nous a mis d’accord. Mais qu’est-ce que la magie, le merveilleux et les fantasmagories ont à voir avec la traduction ? Tout.
Si « nous sommes de l’étoffe dont les songes sont faits », selon Prospéro, le magicien de la Tempête de Shakespeare, quelle est la tâche du traducteur, lui qui pour traduire veut comprendre et pour comprendre élucider ? Instinctivement, la traductrice ne s’attache-t-elle pas à la clarté ? Comme l’écrivain dans les pas duquel ils se glissent, la traductrice et le traducteur ne pourchassent-ils pas l’ambiguïté qui niche dans l’écart entre le verbe et la chair du monde ? Curieux métier que de traduire son expérience et son imaginaire avec quelques lettres noires sur fond blanc. Depuis dix ans, nous l’illustrons sur nos programmes en choisissant une photo noir et blanc.

Paradoxe : pour être au plus proche de ce qui est, les autrices et auteurs l’écrivent noir sur blanc ; pour écrire des merveilles, sans doute faut-il que la clarté blanche de la lumière passe par un prisme particulier et soit diffractée en un spectre coloré. Dès lors, on comprendra pourquoi notre image de couverture fait cette année exception : elle assume sa bigarrure.

Jörn Cambreleng Directeur d’ATLAS

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PROGRAMME

Programme interactif à consulter en ligne :

– version ordinateur

– version smartphone

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