Séminaire Zola « Écrire/Voir la vie » / 2026-2027

26/02/2027 - 26/02/2027, ITEM/CNRS 59, rue Pouchet 75017 PARIS - salle 255 - 10h-12h

Anonyme, « The absorbing spectacle », <em>Tribune</em>, 13 août 1899

Anonyme, « The absorbing spectacle », Tribune, 13 août 1899

À l’heure où il est question de reconnaître à Dreyfus le rôle héroïque qu’il a joué dans son affaire – en témoignent récemment son élévation posthume au grade de général de brigade, la création d’une journée de commémoration nationale en son nom, ou encore la perspective d’une éventuelle panthéonisation –, sa présence, ou plutôt son absence, dans les œuvres dramatiques et cinématographiques consacrées à son affaire interroge.

En effet, bien que le théâtre et le cinéma dreyfusards ne soient pas ce que l’histoire a retenu de l’Affaire, les films et les pièces sur le sujet constituent, dès 1895 pour le théâtre et 1898 pour le cinéma, une mine conséquente et précieuse pour appréhender cet événement majeur et fondateur de la Troisième République. Ces œuvres, majoritairement étrangères, sont essentiellement dreyfusardes. Pourtant, Dreyfus y est le plus souvent marginalisé, déconsidéré, dénaturé voire absent. En tant que bourgeois, militaire et surtout Juif, il apparaît comme un personnage trop clivant, insuffisamment fédérateur. Il convient donc, pour les artistes, de désincarner et désindividualiser celui dont ils prennent pourtant le parti. Dès lors le théâtre et le cinéma dreyfusards mettent souvent en scène une « Affaire sans Dreyfus » pour reprendre le célèbre titre de Marcel Thomas.
Par l’étude de ce corpus, il convient donc de réhabiliter le héros Dreyfus et de déconstruire l’idée reçue selon laquelle il n’aurait été que la victime de sa tragique affaire.