29/03/2018, École normale supérieure

Les figures de la puissance chez Nietzsche.

De l’esprit libre à l’inversion de toutes les valeurs

 

Qu’est-ce que la volonté de puissance ? Quand apparaît-elle dans le corpus nietzschéen ? Que signifie-t-elle alors ? Est-elle l’expression de la puissance de la volonté ou volonté d’une plus grande puissance ? On en trouve la première trace en 1876 :

« L’élément essentiel de l’ambition est d’arriver au sentiment de sa propre puissance. Le plaisir de la puissance ne se réduit pas à celui de nous savoir admirés dans l’opinion d’autrui. Louange et blâme, amour et haine, sont indifférents à l’ambitieux qui veut la puissance. La peur (négativement) et la volonté de puissance (positivement) expliquent le grand cas que nous faisons des opinions des gens. Le plaisir de la puissance. Le plaisir de la puissance s’explique par l’expérience cent et cent fois refaite du déplaisir tenant à la dépendance, à l’impuissance. Faute de cette expérience, ledit plaisir fait aussi défaut. » (eKGWB/NF-1876,23[63], trad. fr. Robert Rovini).

Comment, de la préparation de Choses humaines, bien trop humaines en 1876 à l’effondrement de Nietzsche en 1889, cette notion a-t-elle évoluée ?

C’est à un travail d’enquête génétique et philosophique sur le thème de la « puissance » chez Nietzsche que se livre, à l’occasion de cette journée, une équipe de jeunes chercheurs nietzschéens, afin de dessiner la voie d’une véritable généalogie de la volonté de puissance.

Cette journée d’études, organisée par Alexandre Avril, David Simonin, Rachele Salerno et Yannick Souladié, a lieu à l’École normale supérieure (45, rue d’Ulm, Paris 5e), en salle des actes, de 10h à 18h30. L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles.

Pour toute information, écrire à alexandre.avril@ens.fr


Programme

 

29 mars 2018, salles des actes, 10h – 12h30

10h, Paolo D’Iorio (ITEM), Introduction à la journée

10h30, Anne Merker (CREΦAC/ITEM), Quelles sources antiques pour la volonté de puissance ?

11h15, Guillaume Métayer (CELLF), Poésie et mélancolie. L’invention de la volonté de puissance ? 

12h, Rachele Salerno (ITEM/Scuola Alti Studi Modena), La liberté de l’esprit, entre force et faiblesse

 

29 mars 2018, salles d’histoire, 14h30 – 18h30

14h30, Tobias Brücker (Univ. Luzern), La paix : un état de puissance, dans Le Voyageur et son ombre

15h15, David Simonin (Univ. Salento/Univ. Paris 4), Aurore, pensées sur le sentiment de puissance

16h, Nicolas Quérini (Univ. Strasbourg/ITEM), Le sentiment de puissance dans le dépassement de soi

17h, Yannick Souladié (ITEM), La volonté de puissance et l’ombre de la métaphysique

17h45, Alexandre Avril (ITEM), Volonté de puissance, volonté de distance

 

Télécharger le dépliant de la journée d’études


Retour en photos sur la journée

 

Paolo D’Iorio et Anne Merker ouvrent la journée par un exposé sur le projet éditorial de la « Volonté de Puissance » (D’Iorio) et une généalogie du concept de volonté de puissance dans les sources antiques (Merker)

Guillaume Métayer livre un exposé sur la poésie de la mélancolie et son rapport à la puissance

Rachele Salerno expose les grandes lignes de la philosophie de l’esprit libre de Nietzsche

Tobias Brücker développe une réflexion sur la paix comme puissance dans Le Voyageur et son ombre

David Simonin livre une réflexion exhaustive sur le sentiment de puissance dans Aurore

Nicolas Quérini envisage les rapports entre puissance et dépassement de soi

Alexandre Avril propose une interprétation de la volonté de puissance en termes de passion et d’éloge de la distance

Paolo D’Iorio reprend et conclut la journée

La salle des actes et la salle d’histoire sont combles pour cette journée d’études, une grande réussite !