Séminaire Flaubert « Famille(s) et relations familiales, II » / 2024

22/03/2024, Visioconférence (zoom) à partir de 14h.

Ni la Révolution ni le Code civil n’établissent de droits de l’enfant. Même si une série de lois (sur la pénalité, sur le travail ou sur déchéance paternelle par exemple) « ouvre des brèches » selon l’expression de Michèle Perrot, vers sa prise en compte par le droit comme personne psychologique (et non plus seulement comme conscience), il faut attendre le XXe siècle pour qu’il devienne pleinement sujet de droits. Défini en creux par les règles régissant sa capacité — ou plutôt son incapacité — juridique, l’enfant des juristes, au XIXe siècle, est donc le « mineur ». Outre cette définition par l’âge, l’enfant, en droit, est défini par sa filiation, légitime ou illégitime et donc, par sa capacité ou non à hériter. Ces catégories juridiques (filiation et minorité) pèsent de manière particulièrement importante dans la représentation des personnages d’enfants et d’adolescents de Balzac, Flaubert ou Maupassant, sans pour autant la déterminer. Il s’agira alors d’interroger comment le roman déploie, dans les interstices de ces catégories, en creux et par touches, un questionnement sur l’enfant comme personne.