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Colloque — Appel à communication : Rencontres Internationales de Reims : la "lecture littéraire" dans tous ses états — 28 mai 2018 - 01 juin 2018

CIRLEP CRIMEL   Appel à communication Dans les dernières décennies du vingtième siècle, la problématique de la lecture s’est imposée comme centrale pour un renouvellement des études littéraires. Les interventions de Barthes dans un dialogue irrévérencieux avec l’Université (dont l’emblématique article sur « La Mort de l’Auteur », 1968), l’esthétique de la Réception, développée dans les années 1970 par l’Ecole de Constance (Jauss, Iser…), la divulgation des travaux de Bakhtine ou de son Cercle constituent quelques-uns des jalons bien connus vers une théorie de la lecture littéraire. Le jugement esthétique avait été reconnu deux siècles plus tôt par Kant, comme un jugement synthétique mettant en relation un rapport sensible et un rapport intellectuel au monde. Il fallait un modèle dialectique pour tenter de penser cette complexité. Il revient à Michel Picard d’avoir innové en ce sens dans La Lecture comme jeu (1986), livre fondateur qui sera suivi d’autres essais (Lire le temps, 1989, en particulier). Les trois instances proposées par Picard – lu, liseur, lectant – permettent d’appréhender les dédoublements dont relève une lecture débarrassée de la soumission à l’auteur tout puissant. Si le lu englobe toutes formes d’adhésion passive à la fiction, jusqu’aux investissements fantasmatiques, le lectant signale que dans un monde de plus en plus éduqué, le lecteur est aussi capable d’appréhender ce qu’il lit en maniant  différents codes. Le liseur, dont l’assise est le corps, interfère avec les deux autres instances pour les faire jouer dans l’acte de lecture, un acte pensé au sein d’une relation : la littérature. Le modèle de Vincent Jouve (L’effet-personnage dans le roman, 1992), largement connu et cité en référence, propose une triade quelque peu remaniée – lu, lisant, lectant. Les variations dans la modélisation montrent, si besoin était, la complexité des processus de lecture, pourtant appréhendés à travers des corpus restreints à la production romanesque. La notion de lecture littéraire a suscité d’autres travaux qu’on ne saurait tous citer. Mentionnons seulement ceux de Bertrand Gervais (À l’écoute de la lecture, 1993, 2006), qui a montré la diversité des lectures effectivement produites, et ceux de Jean-Louis Dufays (Stéréotype et lecture, 1994, 2010), à partir desquels la lecture littéraire est devenue un pré-requis théorique des recherches en didactique du français et de la littérature. Des ambiguïtés demeurent néanmoins autour de cette expression : « lecture littéraire ». Pour certains, elle continue à désigner, selon un retour implicite à une longue tradition, la lecture de textes dotés d’une littérarité intrinsèque, ce qui minore ou annule l’implication du lecteur dans le processus de création littéraire. Le colloque « Le Texte du lecteur[1] » (U. Toulouse,  2008) s’est  attaché notamment à repenser le rapport entre lecteur et texte, oscillant entre artefact auctorial et reconstruction. L’élargissement de l’horizon de recherche aux études culturelles a simultanément montré la nécessité de penser la relation entre texte et image sous différentes formes intégrant notamment le vaste corpus cinématographique. La   dernière décennie de recherche au sein du séminaire A2IL nous a conduits à interroger le modèle de la lecture littéraire en prenant en compte un rapport spécifique à la langue, rapport quelque peu occulté puisqu’aussi bien les plus convaincants travaux dans ce domaine constituent eux-mêmes, sans se regarder comme tels, des objets linguistiques. La notion d’intertextualité, introduite, comme on le sait, par Julia Kristeva à partir de sa lecture de Bakhtine, en dépit de sa fécondité pour l’analyse littéraire, nous est apparue insuffisante pour penser la profusion de la relation esthétique et appréhender correctement le rapport à l’image. La notion d’arrière-texte, oubliée, puis revisitée en 2009-2010, a été travaillée au cours de deux sessions internationales d’où a résulté le volume L’Arrière-texte, pour repenser le littéraire (Peter Lang, 2013). Proche par certains aspects de la structure d’horizon proposée par Michel Collot dans une perspective phénoménologique, l’arrière-texte désigne le double nœud de complexité propre à la sphère lectorale et à une sphère auctoriale pensée non comme restauration de l’Autorité de l’auteur mais comme processus d’autoengendrement par l’écriture. L’horizon ainsi redessiné s’est prêté à différentes explorations concernant le rapport au référent notamment spatial (« Les référents du littéraire », AIL7), l’implication dans l’écriture-lecture du corps et des affects (« Le corps à l’œuvre », AIL8), l’intrication des affects et de l’idéologique (« Articuler le fantasme et l’Histoire », AIL9),  l’écho humain donné par le lecteur à un objet textuel fabriqué par autrui (« La résonance lectorale », AIL10). Dans une perspective transculturelle élargie à d’autres littératures, notamment latino-américaines, l’arrière-texte nous a permis de décrire la part d’irréductible qui se loge dans chaque idiome et qui résiste à la traduction, une part qu’ont poétiquement perçue des romanciers aussi différents que José María Arguedas (Los Rios Profundos, Les Fleuves profonds, 1956) ou Luis Cardoso (Cronica de uma travessia, Au loin une île, 1997), l’un évoquant les langues amérindiennes occultées par l’espagnol du Pérou, l’autre les dialectes autochtones du Timor oriental, inaccessibles à la langue du colonisateur portugais. Les deux dernières années nous ont ainsi ramenés vers l’objet langue, en tant qu’outil commun à tous mais redessiné par certains et toujours travaillé de jeux complexes. Peut-on envisager, face à la langue du texte, une « langue du lecteur » distincte ? Il n’est pas évident pour tous les chercheurs  que le lecteur soit appelé à élaborer sa propre langue dès lors qu’il aurait à vivre celle du texte. La question qui a suscité d’intéressantes contributions nous est toutefois apparue trop abstraite. Les travaux de l’année suivante (2016-2017) se sont réorientés vers l’idée de « paroles de lecteurs » à interroger comme éventuelles performances, y compris dans leurs dimensions didactiques au cœur même des processus d'enseignement. Ce qui revient à se demander si la relation littéraire peut effectivement être pensée selon le schéma bipolaire d’un dédoublement des paroles – paroles d’auteurs, paroles de lecteurs. Une des réponses les plus stimulantes nous a été apportée par Franc Schuerewegen (Introduction à la méthode postextuelle, Garnier, 2012) pour qui, en raison de l’absence de l’auteur, garant de sa parole, la seule parole qui tienne est celle du lecteur reconfigurant dans son propre texte Proust, Chateaubriand ou Balzac. Convoquant en renfort Stanley Fish et Michel Charles, F. Schuerewegen apporte ainsi une réponse radicale et en quelque sorte a posteriori à la question du « texte du lecteur » en donnant à ce dernier le primat absolu sur une production auctoriale considérée comme illusion métaphysique. Déniée par certains – la liseuse dans Chérie d’Edmond de Goncourt ne parle pas de ses lectures, elle rêvasse à leur sujet, comme Emma Bovary dont elle est l’avatar fin de siècle –, l’idée d’une parole de lecteurs oscille ainsi entre les extrêmes de l’annulation et de l’omnipotence. Elle pourrait néanmoins être pensée avec Jean-Jacques Lecercle (Interpretation as Pragmatics, 1999) et dans le sillage de Louis Althusser, sous la forme d’une contre-interpellation ménageant la reconnaissance de deux pôles agissants au sein de la relation littéraire. Complexe et féconde, la notion de « paroles de lecteurs » nous paraît pouvoir être approfondie en 2017-2018 en faisant place notamment aux « Paroles de lecteurs de poèmes ».Ainsi serait pris en compte un corpus absent des livres canoniques sur la lecture littéraire mais néanmoins capital. Face à la parole du Poète, que reste-t-il de parole autonome pour le lecteur qu’une tradition et un discours critique récurrent invitent à se contenter d’une sorte de communion avec le texte ? Autrement dit, comment parler de la poésie ? Ce qui ne veut pas dire tout à fait la même chose que  « comment lire la poésie ? », sujet abondamment traité. Car on n’oubliera pas que la parole se joue toujours sur les deux plans de l’énonciation dans un écrit et de la profération dans un contexte. Par ailleurs, la parole renvoie au rapport complexe d’un sujet présent au monde et s’exprimant à partir de situations diverses. Le « dire » excède donc le schéma de la communication. Il est celui de l’écrivain, relisant et écoutant son texte, avec ou sans « gueuloir », du professeur parlant à un public d’élèves ou d’adultes, échangeant à propos de ce texte, de ce livre qui retiennent l’attention, celui de l’acteur ou du metteur en scène, adressé à des spectateurs, celui de la critique, savante ou impromptue, que met en mouvement la chose lue. Autant de paroles / performances adossées à une histoire, une culture, une époque, un ou des corps traversé(s) d’émotions et de sensations. « Dire » dit plus que ce qu’il semble dire. Dans le cadre d’une relation littéraire, il peut ainsi se concevoir comme performance (écrite ou orale),  de la salle de classe à la scène de théâtre.

Colloque — Journée d’études : Brouillons d’écrivains pour la jeunesse — 02 juin 2017

En collaboration avec le laboratoire CIREL-Théodile de l’Université de Lille, l’ÉSPÉ LNF organise une journée d’études sur le Campus ÉSPÉ de Villeneuve d’Ascq. Plusieurs conférences, suivies de moments d’échanges, sont prévues tout au long de cette journée. Cliquer sur le lien du programme pour en savoir plus ou voir  le site officiel et le programme ici. Contact : karine.meshoubmaniere@espe-lnf.fr Télécharger ici le programme

Colloque — Journée d’étude: Atelier de traduction. Traduire le poème sinophone — 12 juin 2017

Programme 9h30: accueil des participants 10h00-12h15 : atelier de traduction 12h15-13h45 : repas 13h45-14h45 : atelier de traduction 14h45-15h00 : pause café 15h00-17h30 : table ronde avec la participation de Coraline Jortay, Emmanuelle Péchenart, Gwennaël Gaffric, Noël Dutrait, Marie Laureillard, Mathilde Vischer. Coordinatrice : Sandrine Marchand


Parution — Genesis 44, « Après le texte. De la réécriture après publication », (2017) — 09 mai 2017

La critique génétique a longtemps considéré quele processus d’élaboration des œuvres prenait fin avec la publication. L’avant-texte était son territoire. L’après-texte relevait d’autres approches. C

Parution — Recension de "L’Œuvre comme processus", sous la direction de Pierre-Marc de Biasi et Anne Herschberg Pierrot, CNRS Editions — 04 mai 2017

Livres en bref Romans, études littéraires, histoire... Les brèves critiques du « Monde des livres ». --- Etudes littéraires. Féconde génétique L’Œuvre comme processus, sous la direction de

Divers — APPEL A CONTRIBUTION pour l'ouvrage collectif "Au miroir des langues : la traduction réflexive" —

Cet appel à contributions, lancé par Olga Anokhina,responsable de l'équipe "Multilinguisme, traduction, création" de l'ITEM, concerne un ouvrage collectif dirigé par Esa Harmann et Patrick Hersant, membres de l'équipe. L'ouvrage a été inspiré par les ateliers menés au Congrès mondial de traductologie en avril 2017 à Paris. Ayant une forte orientation vers la génétique et les pratiques scripturaires, réflexives et traductives des écrivains plurilingues (dont l’autotraduction tout particulièrement), cet ouvrage devraient intéresser plusieurs d’entre vous.  La date limite pour l’envoi des propositions aux directeurs d’ouvrage a été fixée au 1er juillet 2017. Télécharger ici l'appel à contributions

Conférence — Séminaire général de critique génétique : "Après le texte" : présentation du numéro 44 de la revue "Genesis" — 17 mai 2017

La critique génétique s’est relativement peu intéressée aux genèses continuées après publication ; pensé sous l’angle de l’avant-texte, son objet a été essentiellement situé en amont de la mise en circulation des oeuvres. Le numéro 44 de la revue Genesis entend montrer que l’étude de la réécriture après publication ne se réduit pas à l’analyse de quelques « variantes » et de quelques oeuvres au destin éditorial exceptionnel : l’étude des processus d’écriture et des  oeuvres écrites requièrent une génétique post-éditoriale qui, avec sa perspective et sa méthodologie spécifiques, décrit le devenir des textes publiés. Cette description suppose, en premier lieu, d'envisager la mise en circulation du texte non plus comme la fin de son écriture, mais comme une transformation des conditions de sa réécriture. La présentation du volume et de ses enjeux sera suivie de deux études de cas exemplaires, empruntés aux oeuvres d’Andersen et de Reverdy. Pour finir, nous présenterons une plateforme numérique nouvelle, dédiée à l'édition des oeuvres à versions multiples : « Variance ». Intervenants : Cyrille FRANÇOIS (Université de Lausanne), Christophe IMPERIALI (Université de Berne) et Rudolf MAHRER (Université de Lausanne).

Colloque — Premières lettres (XVIIIe - XIXe siècles) First letters (XVIIIth-XIXth centuries): Colloque international — 24 mai 2018 - 25 mai 2018

Colloque international organisé par les centres de recherche Centre d’étude des correspondances et journaux intimes, CECJI-7289 et Héritages et Constructions dans le texte et l’image, HCTI-EA4249à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor-Segalen Bien qu’abondantes, les études sur l’épistolaire ne semblent jamais s’être focalisées sur le concept de premières lettres, que ce colloque se propose d’interroger.                        L’idée même de premières lettres peut s’entendre de différentes manières : il peut s’agir des premières lettres rédigées par un individu, et se pose alors la question formelle du rapport au genre épistolaire, de l’apprentissage d’une écriture codifiée : nous pouvons penser aux lettres d’enfants, aux brouillons de lettres conservés, retouchés et recopiés. Mais la première lettre peut également s’écrire après des années de correspondance : il n’est pas impossible qu’on se soit essayé préalablement à la forme épistolaire quand on écrit ses premières lettres d’amour, sa première lettre à une personne de rang supérieur, sa première lettre de condoléance... Au sein d’une correspondance particulière, les premières lettres adressées à un nouveau correspondant, après des années d’échange avec d’autres destinataires, suggèrent encore qu’un épistolier puisse avoir plusieurs premières lettres. L’idée de premières lettres impose également une mise en perspective au regard de la correspondance qui suit : quel rapport existe-t-il entre la première lettre et les suivantes si l’on envisage la correspondance dans la perspective de la série ?

Conférence — Séminaire général de critique génétique. Pierre Musitelli (ENS-ITEM): Création, écriture et censure dans la correspondance des frères Verri — 19 avril 2017

La correspondance de Pietro et Alessandro Verri offre à chacun des épistoliers l’occasion de mûrir et d’exposer, pendant trois décennies (1766-1797), ses pratiques d’écriture, en relation avec l’évolution des goûts et des modes littéraires. On suit dans les volumes du Carteggio l’ensemble des processus créatifs, depuis l’élaboration de méthodes empiriques (l’approche collaborative de l’écriture, l’éloge de la dictée comme outil de libération de la voix et du style), jusqu’aux pérégrinations postales des manuscrits auprès des relecteurs et des éditeurs, à la phase de réception critique, voire aux rééditions successives. On y suit aussi l’usure de l’amitié fraternelle et des promesses initiales (tout se dire, « électriser » l’autre puis être son censeur impartial), à mesure que deux styles s’affirment et que se creuse le clivage idéologique dans les années de la Révolution. Lorsque la fiction de l’alter ego s’est dissipée, lorsque les dissensions ont rendu l’entente impossible, lorsque le public a désavoué le correspondant : comment conseiller et comment juger l’autre ? Le Carteggio ne demeure qu’un temps le creuset et la forge de textes littéraires. Le relâchement du lien épistolaire, cet espace de confidence miné par les non-dits et devenu par certains aspects un lieu de contrôle et de répression des écarts, est aussi pour Alessandro une libération et le préalable à de nouvelles expérimentations esthétiques et stylistiques. De toute évidence, l’écriture épistolaire des frères Verri n’a pas, en matière de genèse littéraire, qu’une fonction productrice. Elle présente aussi un revers obscur : des interdits et des censures s’y formulent ; les jugements exprimés ne témoignent pas toujours d’une capacité de l’interlocuteur à saisir et déchiffrer l’œuvre et ses enjeux. Les débats finissent d’ailleurs par se déplacer vers la production d’autres auteurs (Alfieri, notamment), tandis que le processus de création réintègre la sphère d’une intimité non partagée. L’étude s’intéressera donc au statut et aux fonctions de l’écriture épistolaire de Pietro et Alessandro Verri en relation à la création littéraire, ainsi qu’aux répercussions qu’ont eu sur leurs pratiques de composition les vicissitudes de leur relation dialogique.

Evénement — Almuth Gresillon : Docteur Honoris Causa. —

L'Institut des textes et manuscrits modernes est heureux de faire part de la distinction qui a été conférée à Almuth Grésillon. Le 30 mars 2017, elle a reçu des mains de Monsieur le Professeur Her

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