Le 11 avril 2015 (10h-17h)

« Journée sur le biographique. »

— Delphine Jayot et Pierre-Marc de Biasi

10h-13 h : Delphine Jayot. "Que peut-on savoir d’un homme ? L’Idiot de la famille"

« Que peut-on savoir d’un homme, aujourd’hui ? » La question, ainsi posée au début de L’Idiot de la famille, définit le projet de Sartre – celui de dire Flaubert, « tout Flaubert » – en appliquant et vérifiant la méthode qui est la sienne : celle de la psychanalyse existentielle, dans le contexte historique du marxisme. Mais la réponse est-elle bien, à l’issue de la lecture de la biographie de Flaubert par Sartre, « Que peut-on savoir de Flaubert ? » ou est-elle devenue : « Que peut-on savoir de Sartre ? ».

On s’attachera à reconstituer « les » Flaubert de Sartre, qui, de 1915 (date de la première lecture de Madame Bovary) à 1974 (date à laquelle il renonce au tome IV de L’Idiot) témoignent d’un Sartre pluriel – lecteur, critique, écrivain – auteur d’« un » Flaubert à nul autre pareil.

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14h -17h : Pierre-Marc de Biasi.  "Peut-on tout dire ?"

Dans L’Idiot de la Famille, en 1971, Sartre écrivait : « Que peut-on savoir au sujet d’un homme, aujourd’hui ?(…) — par exemple — de Gustave Flaubert ? (…) Cette question (...) revient à totaliser les informations dont nous disposons sur lui. ». Depuis, le « cas Flaubert » a bénéficié de quarante années de recherche sans précédent, et notamment d'une foison de découvertes inédites dans le domaine génétique : ces informations sont à la fois plus riches, plus nombreuses et beaucoup plus assurées que celles dont l’histoire littéraire pouvait disposer à l’époque du « moment théorique ». Sans chercher comme Sartre à se situer dans la perspective d’une enquête sur « l’universel singulier », mais en tenant compte des progrès de la connaissance, on essaiera de préciser, pour « le cas Flaubert », ce qui dans l’entreprise d’élucidation et de reconstitution biographiques relève aujourd’hui du possible et de l’impossible : qu’avons-nous gagné dans la compréhension de l’homme et du corpus ? Que reste-t-il à découvrir ? Qu'en est-il de l’incertitude, du doute, mais aussi, peut-être, de ineffable ou de l’inexprimable, du "non communicable et du "non totalisable" ?

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Lieu : ENS, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris, salle des Actes (1er étage).


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