Le 06 juin 2009 (10h-13h)

« Le processus symbolique »

— Pierre-Marc de Biasi
Flaubert cherche à jeter les bases d’un art « scientifique », mais sa Correspondance abonde en remarques sur le « symbolisme » des coïncidences, au point que l’on peut soupçonner l’écrivain d’une forte tendance à la superstition. D’un autre côté, tout en se déclarant passionné par l’histoire des religions, et même mystique, Flaubert se déclare volontiers incroyant. Tout en revendiquant le « vrai », son esthétique repose sur une théorie de la croyance, un culte de l’invisible, et une sorte de recyclage profane du sacré. En quoi toutes ces contradictions peuvent-elles nous éclairer sur le « processus symbolique » qui se trouve à l’œuvre dans l’écriture des œuvres ? Du sens premier du symbole (signe de reconnaissance formé par les deux moitiés d’un objet brisé que l’on rapproche) le processus symbolique chez Flaubert semble avoir hérité plusieurs déterminations : l’idée de fracture ou de dé-liaison qui fait de la vérité un problème et de la signification l’effet heuristique d’un travail de décryptage, l’idée que c’est le lien (religio) qui induit le sens en fabriquant du nous ; l’idée que le symbole, comme processus même de l'œuvre, habite cette entre-deux de la langue et de l’image où réside la représentation, qu’il est un hiéroglyphe.

Lieu : Salles des Résistants


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