Textes&manuscrits

Éditions du CNRS
Collection de critique génétique créée par Louis Hay
Éditions : CNRS EDITIONS
Directeurs d'édition : Ferrer Daniel,  Biasi Pierre-Marc de

Ces ouvrages issus des travaux des chercheurs de l'Item sont publiés par CNRS EDITIONS.
Pour les commander sur le site des Éditions du CNRS  suivre le lien qui mène directement à la page des ouvrages de la collection "Textes &Manuscrits".

Écrire aux XVIIe et XVIIIe siècles

Genèses de textes littéraires et philosophiques
Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de 
Directeurs : Grésillon Almuth   Lebrave Jean-Louis 

Date de parution :  13 septembre 2000
Prix :  27.5 €
ISBN :  2-271-05756-6
2000 - 15,5 x 24 - 248 p - 19 ill. - br.

Cet ensemble de contributions sur l'écriture littéraire et philosophique aux XVIIe et XVIIIe siècles a pour thème l'étude de la genèse textuelle à une époque charnière de la production littéraire, lorsque les notions de littérature et d'auteur telles que nous les concevons aujourd'hui apparaissent pour la première fois. Le champ d'investigation de la critique génétique s'ouvre ainsi à des périodes et des domaines encore peu explorés.

Les textes ne naissent pas tout armés dans leur indépassable perfection, mais sont le produit d’une genèse. À preuve l’abondance des fonds manuscrits du XIXe et du XXe siècle, dont l’exploitation a permis le développement de la critique génétique. Peut-on élargir le champ de celle-ci et généraliser sa méthodologie et ses concepts en franchissant la frontière chronologique du XIXe siècle ?
Ce volume entreprend une première exploration sur quelques cas singuliers du XVIIe et du XVIIIe siècle. Le XVIIe siècle voit naître la littérature au sens moderne du terme. Et c’est au XVIIIe siècle que s’élaborent progressivement les notions juridiques d’auteur et de propriété intellectuelle d’un objet immatériel qui est le texte. De fait, certains dossiers manuscrits de ces époques charnières apparaissent au généticien comme familiers. Mais des éléments hétérogènes viennent troubler la netteté de cette première image : rareté des documents génétiques conservés, abondance des florilèges et des compilations, porosité de la frontière entre manuscrit et imprimé, écriture à plusieurs mains relevant d’un contexte de sociabilité sans équivalent pour l’époque moderne.
Cette tension entre l’ « ancien » et le « contemporain » dont le XVIIe et le XVIIIe siècle portent témoignage nous rappelle que la genèse des œuvres doit être appréhendée dans la longue durée. Beau défi pour la critique génétique !

Jean-Louis LEBRAVE, directeur de recherche au CNRS, auteur de plusieurs travaux génétiques sur Heine, a édité des ouvrages sur le texte et l’ordinateur. Il est co-auteur de Proust à la lettre (Du Lérot, 1990) et co-responsable de la revue Genesis.

Almuth GRÉSILLON est directeur de recherche au CNRS, auteur d’Éléments de critique génétique (P.U.F., 1994) et de nombreuses études génétiques, co-auteur de Proust à la lettre (Du Lérot, 1990) et co-responsable de la revue Genesis.

L'Écriture et ses doubles

Genèse et variation textuelle
Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de 
Auteurs : Ferrer Daniel   Lebrave Jean-Louis 

Prix :  24.5 €
ISBN :  2-271-05832-5
2000 - 16 x 24 - 216 p - 34 ill. - br.

Depuis les variantes très étroitement déterminées par la contrainte lipogrammatique que s'impose Perec, jusqu'à la liberté absolue que s'arroge Joyce pour faire varier la langue, en passant par le jeu minutieux et têtu de Flaubert sur un ensemble de différences apparemment minimes, ou du regard serein porté par l'écriture pongienne sur son propre devenir, au pathétique appuyé de la genèse bataillenne ... les dossiers de genèse littéraire sont des lieux stratégiques privilégiés pour l'étude des phénomènes de variation textuelle, permettant d'articuler l'esthétique de la création, la théorie linguistique du texte et l'approche cognitive de la production des énoncés.

D'une manière contrastée mais insistante, on peut suivre au fil de ces études un double mouvement de dénivellation et de nivellement entre des positions énonciatives distinctes dont l'exemple le plus frappant est sans doute le jeu polyphonique de la poésie pongienne avec les diverses formes du métadiscours, mais qui est tout aussi perceptible dans la "rumination" flaubertienne ou le désir affiché par Bataille "d'écrire avec une main qui meurt".

Les "variantes" ici ne sont ni des variantes lexicales, ni des variantes syntaxiques, ou même stylistiques ; ce ne sont pas davantage des variantes thématiques. C'est bien plutôt du côté de l'énonciation qu'elles se laissent repérer, de sorte qu'elles nous invitent à mettre en paradigme, non plus des "lieux variants" comme dans l'approche philologique classique, mais les gestes énonciatifs eux-mêmes qui donnent naissance au texte.

Genèses du « Je »

Manuscrits et autobiographie
Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de 
Directeurs : Lejeune Philippe   Viollet Catherine 

Date de parution :  13 avril 2000
Prix :  27.5 €
ISBN :  2-271-05737-X
2000 - 15,5 x 24 - 248 p - br.

L'ouvrage scrute la spécificité de l'écriture autobiographique et de ses diversités à la lumière de la critique génétique. A partir d'un corpus très varié, sont successivement envisagés le contraste entre écriture littéraire et écriture ordinaire, les aspects réflexifs et métadiscursifs dans l'autobiographie, les interférences entre vérité et fiction, les fonctions du journal intime, la problématique du début et de la fin de ces écrits.

Y a-t-il, dans l'acte autobiographique tel qu'on peut l'observer dans un dossier d'avant-textes, quelque chose de spécifique ?
Les treize études ici rassemblées tentent d'apporter des éléments des réponse à cette question. Les corpus sont variés : de la littérature canonique (Stendhal, Gide) aux " écritures ordinaires ", de la francophonie aux domaines étrangers (Mary McCarthy, Max Frisch, Kafka, Pirandello), des œuvres les plus travaillées à l'apparente simplicité du journal...
En fonction de quelles règles personnelles, mais aussi de quelles contraintes sociales, s'organise un " chantier d'écriture autobiographique " ? Du brouillon au texte définitif, quel rôle joue le métadiscours, qui prolifère dès qu'il s'agit de parler de soi, et de la difficulté d'en parler ? Vérité ou fiction : sait-on bien même, quand on prend la plume, où l'on en est ? Comment un journal peut-il devenir le lieu, ou le matériau, d'une construction autobiographique ? Et puis comment commencer, et comment finir ?
La comparaison des études ainsi regroupées permettra de réfléchir à ces problèmes. Chacun mériterait un volume. Examiner ainsi la " genèse du je ", c'est sans doute contribuer, sur le plan spéculatif, à la théorie des genres, mais aussi, plus modestement, ouvrir la voie à un savoir pratique, poser les bases d'un " guide " pour les autobiographes à venir.

Philippe Lejeune, maître de conférences à l'université Paris-Nord, membre de l'Institut universitaire de France, anime le groupe " Récits de vie " (Centre RITM, université Paris X). Cofondateur de l'Association pour l'autobiographie, il a publié entre autres La Mémoire et l'Oblique. Georges Perec autobiographe (P.O.L., 1991), le Journal de Lucile Desmoulins (Éd. des Cendres, 1995), et Les Brouillons de soi (Le Seuil, 1998).

Catherine Viollet, chargée de recherche, est responsable de l'équipe " Genèse et autobiographie " de l'Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM, CNRS). Elle a coédité " Textes et sexes ", n°49 de la revue Mots, et coordonné Genèses textuelles, identités sexuelles (Éd. du Lérot, 1997).

Bibliothèques d'écrivains

Collection Textes et manuscrits

Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de
Directeurs : D'Iorio Paolo,  Ferrer Daniel

Date de parution :  9 mai 2001
ISBN :  2-271-05847-3
   

Cet ouvrage éclaire la notion de bibliothèque d’écrivain, réelle ou virtuelle, à partir d’un échantillonnage représentatif, du XVIIIe siècle à l’époque contemporaine, de Winckelmann, Montesquieu, Stendhal, Schopenhauer, Flaubert, Nietzsche, à Valéry, Joyce, Woolf, Pinget.
Ces bibliothèques permettent l’étude du processus créatif, acte individuel en interaction avec un espace social en faisant apparaître une intertextualité invisible, se révèlent être un élément essentiel de la genèse des textes. Les outils informatiques autorisent une exploration nouvelle de ces corpus difficiles à appréhender.

Les bibliothèques d’écrivains, réelles – quand elles ont été préservées par l’histoire – ou virtuelles – c’est-à-dire reconstituées à partir de carnets, registres, cahiers d’extraits et autres documents disponibles, ont depuis longtemps attiré l’attention des chercheurs. Elles sont aujourd’hui l’objet de nouvelles méthodes d’investigation.
Témoignages concrets d’intertextualité et de genèse, elles permettent d’observer le dialogue des livres et des manuscrits, l’espace transactionnel où l’écriture en train de se faire sur le déjà-écrit. Elles restituent aux œuvres une tension essentielle, en réactivant les liens parfois cachés que tout texte établit vers les autres textes, en ressuscitant la doxa, aujourd’hui oubliée, contre laquelle écrivait un Montesquieu ou un Nietzsche, ou en déployant l’intertexte invisible de Bouvard et Pécuchet et de Finnegans Wake, que cette dissimulation soit délibérée ou résulte de l’usure du temps. Les bibliothèques d’écrivains se révèlent être un élément essentiel de la genèse des textes, un élément que l’intérêt actuel pour les processus d’écriture ne peut se permettre de négliger.
En s’appuyant sur les exemples particulièrement significatifs de Montesquieu, Winckelmann, Stendhal, Schopenhauer, Flaubert, Nietzsche, Joyce, Virginia Woolf, Valéry et Pinget, ce volume s’efforce d’analyser la diversité des pratiques de lecture-écriture chez les essayistes, philosophes, romanciers et poètes.

Paolo D’Iorio, philosophe, chargé de recherche au CNRS, est spécialiste de Nietzsche. Il a publié plusieurs essais en Italie, en France, en Allemagne, ainsi que des éditions de textes (Les philosophes préplatoniciens, Éd. de l’Éclat ; Écrits de jeunesse, Bibl. de la Pléiade, Gallimard).

Daniel Ferrer, directeur de recherche au CNRS, a publié des ouvragessur Virginia Woolf, James Joyce, et sur la théorie littéraire. Coéditeur de l’Ulysse de Joyce dans la Bibliothèque de la pléiade, rédacteur en chef de la revue Genesis, il prépare une édition de carnets de Finnegans Wake.

De la lettre au livre

Sémiotique des manuscrits littéraires
Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de 
Auteur : Hay Louis

Collection : Textes et manuscrits
Prix :  24.5 €
ISBN :  2-271-05906-2
2001 - 16 x 24 - 196 p - 35 ill. - br.

Depuis l'invention de Gutenberg, le champ des écrits apparaît double : d'un côté le texte offert au public, fixé et figé par la machine, de l'autre le manuscrit, lieu privé de l'écriture où la plume fait surgir et varier les formes et les sens. Sur la feuille banche, elle ne trace pas que des mots. Ceux-ci s'environnent de dessins, de symboles, de formules, s'inscrivent dans des graphismes changeants, se déploient en organisant l'expace de la page. Toutes ces figurations participent à la naissance du texte ; il faut apprendre à les décrypter pour suivre les chemins de la création littéraire. Ce volume propose des clefs pour une lecture sémiotique du manuscrit qui donne à voir le devenir des œuvres.

Genèses du roman contemporain

Incipit et entrée en écriture
Directeurs de collection : Ferrer Daniel, Biasi Pierre-Marc de 
Auteurs : Boie Bernhild, Ferrer Daniel 

Date de 1ère parution :  1 février 1993
Prix :  31 €
ISBN :  2-271-06082-6
2002 - 16 x 24 - 216 p - 61 ill. - br.

Comment commence un roman ? A la trompeuse simplicité de cette question, la critique n'a jusqu'ici répondu que du point de vue du lecteur, étudiant les débuts des textes et le "pacte de lecture" qu'ils établissent. Mais comment les choses se sont-elles réellement passées ? Comment la première phrase, la première page sont-elles nées sous la plume ? La question alors se démultiplie : quelles sont, pour l'écrivain, les conditions d'une "entrée en écriture" ? Et pourquoi passe-t-elle tantôt par le début, tantôt par le milieu ou par la fin du texte ? Dans ce volume, romanciers et critiques tentent de répondre en commun à ces problèmes, qui se posent avec une acuité particulière au roman contemporain. De Samuel Beckett et Georges Bataille à Jean-Paul Goux et Paul Nizon, en passant par Robert Pinget et Claude Simon, Lucette Finas et Christa Wolf, on observe une grande diversité dans les pratiques d'écriture mais aussi d'importantes convergences qui ouvrent ici les voies d'une réflexion théorique. Que le début du manuscrit coïncide ou non avec celui du roman, il est toujours un lieu stratégique de la création, ouvrant, entre le temps de l'écriture et celui du récit, entre l'espace d'un travail et celui d'une œuvre, un écart où la critique génétique trouve son champ d'action privilégiée.

Carnets d'écrivains. 1 : Hugo, Flaubert, Proust, Valéry, Gide, du Bouchet, Perec

Collection Textes et manuscrits

Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de
ISBN :  2-271-06079-6
2002 - 15,5 x 24 - 254 p - ill. - br.

Les carnets de travail des écrivains nous permettent d'observer la création littéraire au moment des premières inscriptions, bien avant que l'écriture se fasse texte, parfois même avant qu'un projet d'œuvre soit né. Ils donnent à voir le surgissement d'une forme ou d'une pensée, l'effet d'un événement ou d'une rencontre, le détail du quotidien aussi bien que l'essentiel des découvertes poétiques. Longtemps secrète, cette biographie intime de l'œuvre devient aujourd'hui accessible grâce à une série d'éditions récentes : Joyce, Zola, Flaubert, bientôt d'autres encore. Le présent volume propose des clefs pour ces lectures d'un nouveau type. A travers les carnets de Victor Hugo, Flaubert, Proust, Valéry, Gide, André du Bouchet, Perec, l'enquête porte sur les rapports de l'écrit et du vécu, de l'écriture et de la lecture et, au-delà, sur les principes de création qui sont à l'œuvre dans ces textes.

Zola, genèse de l'œuvre

Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de 
Directeur : Leduc-Adine Jean-Pierre

Date de parution :  9 octobre 2002
Prix :  25 €
ISBN :  2-271-06043-5
2002 - 15,5 x 24 - 304 p - 10 ill. - br.

Trois grands axes d’investigation structurent les études de cet ouvrage :
- L’analyse de la construction de l’action et des personnages, à partir notamment des premiers scénarios et ébauches, des matériaux d’enquêtes préalables, ainsi que les déplacements et transformations opérés par Zola au niveau de l’architecture d’ensemble.
- La mise en récit à travers les versions successives de la rédaction, qui suppose une analyse des variantes et transformations textuelles.
- La recherche des liens intertextuels, aussi bien à l’intérieur des manuscrits et dossiers relatifs à l’œuvre de Zola que par rapport à des textes d’autres écrivains.

Pour ce livre consacré à l’étude des dossiers préparatoires d’Émile Zola, spécialistes de critique génétique et spécialistes du naturalisme se sont interrogés sur ces avant-textes trop peu connus, pratiquement non édités et encore moins étudiés, qu’il s’agisse de ceux des Rougon-Macquart ou de ceux du « troisième Zola » (Les Trois Villes et les Évangiles).
Trois ensembles de questionnement en constituent les principaux axes de recherche :
Quelles opérations, à la fois sur les formes et sur les contenus, dans toute une série de manipulations, ont permis d’aboutir à un texte ? Genèse scénarique, qui montre la transformation de l’ébauche initiale jusqu’aux plans, selon une logique et une sémiotique propres. Genèse narratologique, qui étudie la montée à la surface du texte des éléments constitutifs du roman (personnages, espace, temps, etc.) et l’articulation du monde sur le système de tous les autres constituants narratifs.
Quels sont les intertextes mis en œuvre, explicites ou implicites ? Les dossiers préparatoires renvoient à d’autres discours, dont la présence est massive, et si tout « a été dit », il en sort quand même de l’inédit. Il convient de poser que l’interdiscursivité englobe et déborde l’intertextualité.
Enfin, quels sont les problèmes linguistiques qui mettent en jeu les relations entre le narrateur et son énoncé, tels en particulier les modalités et le fonctionnement du système personnel ?
On pourrait poser d’autres questions à l’étude génétique des dossiers préparatoires, mais plutôt que d’une microgénétique s’en tenant aux limites de la phrase ou du paragraphe, qui privilégie les brouillons – quasi inexistants dans le corpus zolien –, il s’agit ici de macrogénétique, s’intéressant plus largement à toute la logique des possibles à l’œuvre dans les dossiers. Toutes ces études directement appliquées présupposent bien entendu des réflexions et des choix théoriques.

Jean-Pierre Leduc-Adine, Université de la Sorbonne nouvelle, est directeur honoraire du Centre d’études sur Zola et le naturalisme (CNRS / ITEM). Il a travaillé sur les rapports entre le texte et l’image dans la seconde moitié du xixe siècle, et a publié les Écrits sur l’art de Zola (Gallimard, 1991), ainsi que de nombreux articles sur Zola et le naturalisme.

La Genèse du texte

Les modèles linguistiques
Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de 

Prix :  22 €
ISBN :  2-271-06078-8
2003 - 16 x 24 - 176 p - br.

Les manuscrits des écrivains constituent un matériau privilégié pour aborder dans leur réalité les phénomènes de la production du texte, dont ni les modèles abstraits de l'énonciation, ni les simulations des psychologues ne permettent de rendre compte véritablement. Les travaux présentés ici visent donc à ouvrir une perspective nouvelle à une linguistique de l'énonciation écrite. A travers les données empiriques de la production réelle, ils vont à la découverte de ce que Benveniste avait appelé "la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation". Dans le domaine aujourd'hui en pleine expansion des études sur la genèse textuelle, ce volume n'éclaire pas seulement une démarche de la linguistique, mais l'ensemble des efforts qui cherchent à saisir les phénomènes de la création littéraire et plus généralement intellectuelle.

Le Manuscrit inachevé

Ecriture, création, communication
Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de  

Prix :  19 €
ISBN :  2-271-06081-8
2003 - 16 x 24 - 168 p - 9 ill. - br.


De Heinrich von Ofterdingen à Lucien Leuwen, de Bouvard et Pécuchet à Andreas de Hofmannsthal, s'ouvre dans les lettres européennes comme une trouée d'œuvres inachevées et le début du vingtième siècle sera dominé par cette extraordinaire constellation de manuscrits infinis dont relèvent "A la recherche du temps perdu" et les grands romans de Kafka, "L'Homme sans qualités" aussi bien que "Finnegans Wake". Jusqu'alors, la critique ne s'est guère arrêtée sur le singulier phénomène de ces écrits interrompus ou suspendus, alors même que chacun d'entre eux a eu la capacité si rare d'étendre et de modifier les pouvoirs de l'écriture. Il a fallu attendre le récent développement des études de genèse pour découvrir dans toute leur ampleur les interrogations qu'ils font surgir : quels sont les obstacles de la langue, de la forme, de la pensée que l'écriture doit traverser pour s'exprimer ? Et quels bouleversements se trouvent alors produits par son sillage ? Comment l'acte d'écrire, individuel par essence, agit-il pour former la culture d'une collectivité sociale ? La réflexion est conduite ici à travers les manuscrits de Stendhal, de Flaubert, de Proust, de Kafka et de Valéry pour se prolonger par une étude des fonctions du langage dans les ruptures de l'écrit.

Genèse, censure, autocensure

Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de 
Directeurs : Bustarret Claire   Viollet Catherine 

Date de parution :  2 juin 2005
Prix :  30 €
ISBN :  2-271-06320-5
2005 - 15,5 x 24 - 240 p - 15 ill. 

La censure et son corollaire, l’autocensure, n’épargnent aucun genre littéraire : fiction, essais, poésie, correspondance, autobiographies et journaux personnels. Elle concerne la littérature et son histoire dans sa généralité. Parallèlement à l’aspect strictement juridique du problème, les études ici réunies, de Rousseau à Guyotat, d’Émilie Dickinson à Violette Leduc, permettent de reconstruire les différentes étapes de la censure et d’en cerner l’impact sur les processus de création des œuvres finales grâce à l’étude des documents-témoins.

Longtemps restée « angle mort » des études littéraires, la censure n’est en général étudiée que du côté de la réception de l’œuvre, du point de vue du public. Or quels que soient sa forme, ses objets, ses modalités – du caviardage à la destruction, voire à la « fatwa » –, elle se situe à la croisée de la création et du contrôle qu’exerce la société.
C’est pourquoi, de manière novatrice, les auteurs s’interrogent ici sur les faits de censure en les intégrant au processus de genèse et de création de l’œuvre, au parcours global de son élaboration. Ces faits recouvrent en effet des interventions d’ordre et d’ampleur fort variables, exerçant souvent une influence déterminante tant sur la forme du texte finalement publié que sur la production à venir de tel écrivain « censuré » : ils s’inscrivent donc au cœur du processus de création. L’étude des brouillons, des manuscrits, des documents inédits, des variantes éditoriales ou de textes environnants (correspondance, entretiens…) est alors riche d’enseignements si l’on veut en comprendre et en mesurer l’impact.
La censure et son corollaire l’autocensure n’épargnent aucun genre littéraire : fiction, essais, poésie, correspondance, autobiographies et journaux personnels ; elles concernent la littérature et son histoire dans sa généralité. Face à l’aspect strictement juridique du problème, les études ici réunies – de Rousseau à Guyotat, d’Emily Dickinson à Violette Leduc – posent les jalons d’une synthèse comparative quant à la portée, aux acteurs, aux modalités, à l’ampleur, au fonctionnement et aux conséquences des faits de censure.

Catherine VIOLLET est chercheur à l’Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS-ENS), spécialiste des études de genèse d’auteurs du XXe siècle, responsable de l’équipe « Genèse & Autobiographie ».

Claire BUSTARRET est ingénieur de recherche à l’Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS-ENS), responsable du programme « Techniques et pratiques de l’écrit ».

Marcel Proust : Écrire sans fin

Directeurs de collection : Ferrer Daniel  Biasi Pierre-Marc de 
Directeurs
: Milly Jean   Warning Rainer 

Date de parution :  1 avril 1996
Prix :  30 €
ISBN :  2-271-05287-4
1996 - 15,5 x 24 - 216 p - 14 ill. - br.

Ces travaux explorent les problèmes du champ littéraire à partir du texte capital qu'est « À la recherche du temps perdu ». L'œuvre de Proust permet en effet d'étudier concrètement des enjeux actuels de la critique à partir des notions de visée et de transformation, d'écriture et de texte.

Depuis quelques années, une critique structuraliste qui séparait rigoureusement structure et genèse, exigeant la considération d'un texte clos sur lui-même et dont elle négligeait les étapes et les variantes, n'est plus de mise. Les chercheurs proustiens furent conduits à ce dépassement par l'objet même de leur étude. Les matériaux que présente "À la recherche du temps perdu" sont en effet ceux d'une œuvre inachevée non seulement dans son état final, mais même potentiellement, car de nombreux éléments abandonnés ou au contraire introduits en cours de route, notamment l'histoire d'Albertine, témoignent d'une activité incessante de "surnourriture" et de remodelage qui introduit de riches arrière-plans et de notables déviations par rapport à l'orientation d'ensemble. Les auteurs des présentes contributions, universitaires allemands, suisses et français, font ressortir, à propos de nombreux aspects du roman proustien, l'importance fondamentale que revêt l'étude des avant-textes, éléments non pas résiduels, mais constitutifs d'une écriture jamais parvenue à un point de fixation définitif. Ils analysent cette mobilité tantôt comme un phénomène de discours, du point de vue du produit ou comme une autoproduction, tantôt dans sa relation avec le sujet-écrivant, envisageable lui-même sous différents angles. Il est certain en tout cas qu'avec Proust la question du sujet se pose de nouveau avec insistance à la critique contemporaine.

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