La remise des archives de Joseph Zobel par sa famille, ainsi que les objets de sa maison, au Musée d’Histoire et d’Ethnographie de la Martinique ouvre des perspectives particulièrement propices à une approche génétique de l’œuvre du romancier, poète et artiste. Connue essentiellement par le roman La Rue Cases-Nègres, et par l’adaptation cinématographique réalisée par Euzhan Palcy, cette œuvre est surtout d’une longue amplitude, comme le suggèrent les différents temps de la vie de Zobel.

Les premières nouvelles publiées dans des journaux et magazines martiniquais datent des années 1942-1946. Entre 1946 et 1957, Zobel vit en France et publie tous ses romans. Entre 1957 et 1974, au Sénégal, il devient producteur d’émissions de radio, dans les registres de l’éducation et de la culture. Ses émissions ont bénéficié d’une large écoute. Il s’installe en 1974 près de la ville d’Anduze, et se consacre à l’art floral, au dessin et à la poterie, tout en poursuivant la publication de ses œuvres, essentiellement poétiques et de nouvelles.

C’est donc autour d’un double objet que l’étude des archives de Zobel mérite toute l’attention : d’abord, en ce qui touche à l’élaboration de son œuvre propre, certains textes étant remaniés, adaptés à des publics différents au cours du temps. Mais aussi en tant que passeur, en particulier lors de son long séjour au Sénégal, dans une période particulièrement décisive pour la diffusion des « littératures francophones du sud ». Les correspondances, journaux intimes, notes diverses, et, si c’est le cas, les archives sonores des émissions, permettraient d’améliorer la connaissance de ce moment décisif pour l’histoire littéraire.

Avant d’ouvrir le ou les chantiers préliminaires à la publication des œuvres complètes de Zobel, il convient d’identifier avec soin l’étendue des archives, et qu’en soit accompli le classement. Pour que ce travail soit traité de la façon la plus rigoureuse, et dans les meilleures conditions possibles, il importe qu’un partenariat soit défini avec au moins trois structures :

  • le Musée d’Histoire et d’Ethnographie de Martinique,
  • la direction des archives de la communauté de Martinique
  • le Centre de Recherches Interdisciplinaires en Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (CRILLASH) de l’université des Antilles

Responsable : Yves CHEMLA

Membres : Charles SCHEEL, Louise HARDWICK